4 octobre 2020

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5 octobre 88 et Hirak, le sens d’une évolution.

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Les événements d’octobre 88 marquent une station incontournable dans l’histoire des luttes démocratiques. Marqués par un caractère émeutier avec une violence dirigée vers tout ce qui symbolise le pouvoir d’Etat, les milliers de jeunes manifestants ne posent pas moins la question de la démocratisation de l’Etat et de la société, trois décennies après l’indépendance.

La réponse brutale du pouvoir avec ses centaines de morts a non seulement confirmé sa nature autoritaire mais également sans impossibilité de se réformer par lui-même comme nous l’indiquera le processus historique qui s’ensuivra. Quand bien même le régime a lâché du lest à travers la constitution de 89 qui a ouvert la porte à la création des partis et associations et bien d’autres libertés démocratiques, il s’empresse par ailleurs d’une part de reprendre ce qu’il a lâche au moindre recul de la combativité des masses, d’autre part de s’assurer que l’ouverture qu’il a concédé soit la plus contrôlée possible.

Ce processus d’ouverture démocratique ouvert en octobre 88 avec ses hauts et ses bas, ses conquêtes et défaites, se trouve relégué au second plan durant la décennie noir au nom de la lutte antiterroriste. Une traversée du désert a marqué le champ démocratique pour rebondir à nouveau en Kabylie un certain avril 2001.

Les 20 ans de règne du bouteflikisme a totalement brimé les courants qui se réclament du combat démocratique, usant de l’intimidation pour les uns et de récupération politique via la rente pour les autres. Le 22 février a été un autre moment phare du combat du peuple algérien pour un Etat démocratique et social, prenant tout le monde de cours malgré une situation déjà intenable.

La crise pandémique a mis le Hirak entre parenthèses avec lui l’espérance démocratique. Instrumentalisant la situation, le pouvoir grignote sur les acquis de février 2019 et même sur ceux d’octobre 88 : intimidations sur les partis politiques, menaces de dissolution des associations, emprisonnement de personnalités politiques, verrouillage du champ audiovisuel…etc.

Cette situation met en défi le mouvement populaire qui est de fait dans sa nature une filiation de celui d’octobre 88. Le rétrécissement du champ d’expression doublé d’une offensive sur le monde du travail nous met face à l’urgence d’une riposte à la mesure des attaques. La solidarité avec les secteurs en lutte est la condition première d’une remobilisation à l’avenir, auquel s’ajoute la mobilisation permanente pour la libération et l’acquittement des détenus d’opinion.

Le Hirak n’est pas une fin en soi, mais un moment dans l’histoire des luttes démocratique et social du pays. Définir un programme clair pour la visibilité des objectifs doit être mis en place, au risque de se perdre dans des mots d’ordre qui ajoutent de la confusion que de clarté.

Le souffle d’Octobre inspire encore le combat démocratique et social dont le Hirak est le prolongement historique.

R.S/BéjaiaNews

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