Accueil / Actualités / Adel Abderzak : 8 brumaire ou Révolution!

Adel Abderzak : 8 brumaire ou Révolution!

L’impasse est réel en Algérie! Un Etat-major décidé à faire ses élections à lui, par effraction. Un hirak qui maintient sa force et sa détermination par une silmiya exemplaire. Une sorte d’équilibrage des forces favorables aux tentations bonapartistes!

Le scenario « patriotique » d’une partie des officiers de l’armée qui changeraient la feuille de route de Gaid Salah et ouvrir la voie à une transition ne me parait pas tenir la route. La configuration « Bunker » de l’armée a toujours annihilé toute expression critique ou démocratique dans cette institution.En plus, le scénario janviériste en 1991 a tourné à l’horrible tragédie qu’on connaît et pas question de récidiver! Ajoutons enfin que l’armée c’est pas seulement les casernes et les frontières à surveiller, c’est son emprise sur les institutions politiques, économiques et scientifiques. C’est aussi son emprise sur la société en termes d’emplois, d’ancrage territorial et d’assurance-vie pour des centaines de milliers de familles. D’oû l’hésitation de certaines régions à s’impliquer fortement dans le hirak et à se positionner contre les élections.

Je ne crois pas au sursaut dans l’armée ni à de bonapartes cachés en son sein. Je ne crois pas que le salut viendra des partis politiques et encore moins des candidats-alibi même si certains intellectuels nous les présentent sous le profil de « sauveur suprême », Benflis en particulier! Je crois que le hirak, est une révolution de salubrité publique indispensable pour envisager une autre Algérie. Il pose le paradigme d’une société militarisée, d’un Etat agencé par la culture de pouvoir forgée dans les casernes…et donc d’une nation presque privatisée par l’armée! Le Hirak est dans le sens de l’histoire parce qu’il exige une rupture systémique majeure, la démilitarisation de la nation Algérienne réduite à une gestion sécuritaire.

Le hirak, à travers ses mots d’ordre, nous conscientise sur le fait que derrière les enjeux de pouvoir militarisés, il y’a des intérêts de caste et de classe. La prédation dans la sphère politique mais aussi dans la sphère militaire a permis des accumulations de richesses mobilières et immobilières énormes. Les appareils d’état et les pouvoirs de multiples décideurs permettaient trop facilement la privatisation monétaire et matérielle des richesses de cette nation algérienne.

La pollution de nos institutions et de nos décideurs a atteint un niveau incompressible oû seule une Révolution politique et sociale peut nous faire espérer une nouvelle Algérie.

Voila pourquoi le hirak est plus qu’une ferveur populaire d’un moment. Voila pourquoi la radicalité du hirak est salutaire. Voila pourquoi il faut boycotter les élections, construire un hirak auto-organisé et politiquement fédérateur de tous ceux et celles qui veulent une Algérie démocratique et de justice sociale!