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Adel Abderzak sur la conférence nationale de la société civile

Le sens des mots! Point de vue!

La rencontre nationale de la SOCIETE CIVILE ce samedi 15 juin à Alger regroupant le collectif de la société civile, l’intersyndicale des syndicats autonomes et le forum civil. Objectif: formuler une proposition CONSENSUELLE pour une transition pacifique et démocratique.

Disons le clairement, chaque organisation ou regroupement d’organisations ont le droit de se réunir, de proposer et de s’affirmer comme un courant d’opinion dans ce mouvement populaire. C’est la règle démocratique! Ils ont le droit de proposer et de se battre pour leur proposition, d’autant que pour certains, les parcours militants et de luttes sont réels et pas superficiels.

Mais les mots ont un sens! Ils traduisent ce qu’on exprime et ce qu’on exprime pas!
Parler de « LA » rencontre nationale au lieu d’ « une » rencontre, parler de « LA SOCIÉTÉ CIVILE » au lieu « d’un collectif d’associations » , représentatives ou pas(c’est une autre affaire), mettre en avant des « DYNAMIQUES » formelles et pas vraiment réelles comme l’intersyndicale des syndicats autonomes (au même titre que d’autres d’ailleurs) qui est plus dans l’existence institutionnelle que dans un activisme réel impactant la révolution populaire, sans parler d’associations qui se greffent au mouvement et qui ne représentent pas grand chose! Je partage plutôt la préoccupation de créer une dynamique d’éveil politique, de conscientisation et d’auto-organisation autour et dans le hirak qui manque énormément!

Doit on chercher un »CONSENSUS » à tout prix? Une feuille de route consensuelle qui sera validée par tout le monde?. Ça n’existe pas et ça sera une énergie dispersée. Le seul point consensuel est de préserver, renforcer et durabiliser cette révolution populaire! Après, il est souhaitable d’avoir des lectures, des positionnements et des identités politiques claires y compris partisanes ( présentes mais pas visibles dans cette rencontre) pour que ceux et celles impliquées dans le mouvement populaire puissent y voir clair. Les vrais acteurs du Hirak…ne sont pas institutionnels, rappelons le!
Rechercher « LE DIALOGUE » avec le pouvoir réel ou « l’Etat profond » ne peut être interpréter que comme une bouée de sauvetage pour le systême et Gaid Salah.Depuis le 22 février, la révolution du vendredi, confortée par celle du mardi universitaire est le seul lieu de légitimation et d’expression de la souveraineté populaire. Confuse, contradictoire et parfois très ambiguë, cette expression populaire est l’expression des rapports de forces établis sur le terrain par tout ce qui manifestent, qui animent, qui orientent cette parole libérée vers une visibilité plus politique!

On ne dialogue pas, on négocie en s’appuyant sur les rapports de forces construits sur le terrain par ce mouvement populaire.
L’impératif est de lancer les débats, de formuler des alternatives, de les confronter et de les assumer avec son identité politique, sociale ou idéologique.
Les regroupements fourre-tout, inter-classistes oû tous les intérêts idéologiques, économiques, sociaux ou de classe se mélangent comme si de rien n’était, n’iront pas loin! La révolution démocratique se construit par les décantations et les confrontations(silmiya, silmiya bien sur) au même titre que les révolutions sociales. Nous somme tous des algériens mais nous ne sommes pas tous des fréres!

Adel ABDERZAK