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Adel ABDRRAZAK et Nacer DJABI au Café littéraire de Bejaia: L’université algérienne est sinistrée

Une conférence a été organisée par le café littéraire de Béjaia samedi, 2 Décembre, au Théâtre Régional de Bejaia, elle a pour thème “l’université algérienne : « État des lieux et perspectives »,  présentée par deux chercheurs en l’occurrence M. Adel ABDRRAZAK professeur à l’université de Khenchela et ancien porte-parole du CNES et M. Nacer DJABI sociologue et chercheur.

Les conférenciers ont dressé un constat alarmant de l’université algérienne qui se dégrade de plus en plus, ils ont de ce fait soulevé les mauvaises conditions de travail des étudiants, et celles des enseignants ainsi que son impact sur le niveau et la qualité d’enseignement. Pour mieux illustrer cette crise que vit l’université, les deux chercheurs ont rappelé le parcours exceptionnel et les acquis de celle-ci depuis 1962, les évaluations des effectifs et de l’infrastructure universitaires le montrent bien, manque d’éveil intellectuel, manque de motivation et d’intérêt aux études de la part des étudiants, manque de bonnes formations, constatant que l’université est sinistrée, elle traverse une crise multidimensionnelle qui dure et s’empire de plus en plus depuis trois décennies, son origine revient à un certain nombre d’éléments, comme la dégradation dramatique des conditions pédagogiques de l’exercice du métier de l’enseignant en premier lieu (la surcharge des amphis, des salles, des labo) ajoutant la faiblesse des moyens matériels, ils ont ainsi signalé que la compétence, le parcours, la production scientifique ne sont pas du tout des conditions requises pour les responsables et les dirigeants et c’est justement de ces situations que découlent toutes les dérivées, on cite l’octroi de diplômes de complaisance, promotion clientéliste, instauration de privilèges et surtout la marginalisation des compétences des enseignants et des chercheurs à l’esprit critique et autonomes. M. ABDRRAZAK a essentiellement mis en exergue “le processus de Bologne » (LMD) qui a restructuré le paysage universitaire dans les pays anglo-saxons puis progressivement dans tous les pays européens, s’est aveuglement calqué sur l’université algérienne loin de sa réalité sociale ou économique , dont les répercussions sur le monde universitaire algérien étaient purement négatives. Un autre point directif porté sur le non respect de la norme pédagogique de l’UNESCO a perdu l’équivalence entre nos diplômes et les autres diplômes européens et américains. On a soulevé aussi la diminution du budget de formation des étudiants d’une année à l’autre et notamment la contrainte que constitue la langue française, puisque l’étudiant arabisé pendant 14 ans et du jour au lendemain se trouve dans l’obligation d’opérer une rupture épistémologique avec la langue arabe pour être francophone et pouvoir suivre ses études à l’université et de ce fait au lieu d’être le moyen, la langue devient l’une des contraintes majeures dans sa formation. Les deux hommes ont approfondi leurs études dans ce domaine, en dressant un tableau sombre de l’institution qui est à l’image du pays.

Les conférenciers déplorent l’état de l’université qui devait influencer la société puisque conçue pour produire le savoir et la connaissance et devait être la locomotive du progrès et de l’émancipation, un terrain fertile aux idées novatrices et modernes, cependant elle détourne de sa vocation car le mal universitaire est profond ainsi que voulu et son remède ne pourra être que radical.

Wahiba Arbouche Messaci/BéjaiaNews