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Aderyis : Une plante « printanière »

De la famille des ombellifères, l’espèce Thapsia garganica et thapsia villosa, communément appelée en kabyle  Aderyis , est une espèce intimement liée au printemps dans plusieurs régions de la Kabylie.

 Poussant dans le pourtour méditerranéen, aderyis est une plante herbacée vivace, utilisée dès la moitié du XIX siècle dans les thérapies traditionnelles. Les usages traditionnels dans le Monde maghrébin, rapporté par Mohand Ait-Youcef dans son volumineux ouvrage « Plantes médicinales de Kabylie », est à ce sujet, très éloquent.

En dépit de sa toxicité avérée, tout dans cette plante (racines, feuilles, écorce des racines), fait l’objet de manipulation chez les anciens pour la fabrication de divers remèdes. En usage externe, la racine de la plante est employée contre les douleurs des rhuma tismes, de la sciatique,  des poumons et contre divers sortes d’abcès. De nombreuses recettes à base de  racines bouillies dans l’eau ou cuites sur le feu, écrasées et mélangées avec de huile, de la farine, et appliquées sur les parties douloureuses ont été rapportées par plusieurs tradithérapeutes. Son usage est encore signalé dans le traitement des morsures de serpents et des piqures scorpionniques.

En usage interne, les racines bouillies dans du beurre ou dans l’huile, écrasées et mélangées avec du miel, de la farine du pois chiche sont données à  consommer, pendant un certain temps, en petites quantités pour ceux qui désirent prendre du poids. En sus de son utilisation dans la médecine traditionnelle, aderyis,  feuilles et racines  sont aussi  employées dans la pêche. Il suffit de jeter des feuilles et des racines de la plante, préalablement écrasés dans l’eau d’une rivière et le tour est joué.

Les poissons intoxiqués montent à la surface.Plante « printanière », aderyis compte de plus en plus d’adeptes malgré sa toxicité. C’est normal quand on sait actuellement, la place qu’occupe la phytothérapie dans notre société. D’ailleurs, des travaux récents en pharmacologie, ont permis de confirmer, en partie, les croyances  et usages anciens entourant cette plante.

Boualem Bouahmed/BéjaiaNews