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Akbou : Une ville dépourvue de sa culture

Akbou (Aqbu en kabyle, transcrit en tifinagh: ⴰⵇⴱⵓ), est une commune algérienne de la wilaya de Béjaïa, en basse Kabylie dans la vallée de la Soummam. Elle portait le nom de Metz pendant la période coloniale, située dans la vallée de la Soummam, en Kabylie. Délimitée à l’est par la Soummam, qui la sépare de la commune d’Amalou et au sud par l’oued Sahel, appelé localement « assif abbas », qui la sépare de la Commune d’Aït-R’zine.

Par sa position géographique qui a fait d’elle un carrefour commercial régional important, Akbou a été gratifiée d’une zone industrielle la plus importante au niveau de la wilaya de Bejaia. Une population qui a foisonné durant la précédente décennie avoisinant de nos jours les 80 000 habitants. Akbou est très convoité par les habitants des villages environnants, qui ont afflué pour parer aux manques des commodités essentielles à la vie, à l’exemple des écoles, des centres de soins, des routes… Akbou recèle des potentialités économiques et financières, il ne demeure pas moins qu’il est à la traine des autres communes limitrophes.

C’est la deuxième ville agro-alimentaire en Algérie après Béjaia. D’ailleurs la zone de Taharacht englobe le plus grand pôle national dans l’industrie agroalimentaire. Il est également le troisième pôle économique en Algérie. Les recettes annuelles engrangées, dépassant de loin les 100 milliards de centimes mettent ainsi en évidence la bonne santé financière de cette commune. Beaucoup s’interrogent sur le sort de ses sommes colossales.

La distraction et les loisirs dans cette ville laissent à désirer, il faut faire des kilomètres pour profiter en famille des coins luxueux. Le manque d’infrastructures sportives et culturelles, Une société dépouillée de tous ses repères et réduite au mutisme paralysée par une abstention. On lui a confisqué ce qu’il a de plus précieux, sa dignité, le droit du regard sur la gestion de la culture, à l’instar de la salle de cinéma située au milieu de la ville D’Akbou .

La salle de cinéma ou la salle obscure dans la ville d’Akbou , ce lieu où nous avons pleuré d’émotion, tremblé de peur ou ri aux éclats, ont disparu du paysage culturel ;ou il y avait aussi une ambiance exceptionnelle de camaraderie et de fraternité qui permettait de se faire de nombreux amis.

Aujourd’hui, cette salle fait chagrine à percevoir. Les façades et sont délabrées et détériorées, l’intérieur tombe en ruine et débris ; Pire encore, elle a été reconvertie en des lieux de commerce en majorité informel où tout se vend, ce qui leur confère un état de délabrement lamentable. Dégradée, fermée, transformée en salle des fêtes ou toute autre activité plus profitable et rentable.

Cette atteinte à la culture, au cinéma et d’industrie cinématographique, aux infrastructures d’accueil ou de production ce porte naturellement devant le regard apathique, voire complice des autorités locales Aucune institution ne semble s’en soucier le moins du monde. Ni la communes, ni les domaines et encore moins la Direction de la culture, qui sont les premiers concernés.

Cet exemple résume parfaitement le laxisme des responsables locaux et leur désintérêt total aux questions culturelles qui interpellent la ville D’Akbou et toute la wilaya de Bejaia. Beaucoup parmi les responsables qui sont payés grassement pour s’occuper soigneusement et rigoureusement de ce genre d’infrastructures ne le font pas. Pourtant, ils sont très nombreux à être concernés par la chose publique. Que font-ils au juste ? Ils font ce qu’ils peuvent.

Abandonner un bien culturel, une richesse de cette importance à l’abandon relève d’une ignorance réelle et d’un manque évident et dramatique et touchant au devoir de gestion des biens culturels. Aujourd’hui si le cinéma algérien est en crise depuis maintenant plusieurs ‘années, c’est probablement parce qu’il a toujours été en crise depuis l’indépendance de l’Algérie. Souffrant de problèmes structurels et structuraux.

Enfin, la désaffection du public est due aussi à la détérioration du parc de salles de projection. Sans salles de cinéma, il n’y avait plus de places à la production ou à une quelconque industrie cinématographique.

Massilva Berbère/BéjaiaNews