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Aokas et Souk El Tenine marchent pour la sauvegarde de la Bande Boisée.

Deux cortèges, l’un démarrant d’Aokas et l’autre de Souk El Tenine, se sont donné rendez-vous sur la place de la Bande Boisée, formant une procession humaine de quelques 1 500 marcheurs qui ont battu le pavé, après avoir parcouru quelques artères des deux villes et scandant des mots d’ordre favorables à la sauvegarde de la Bande Boisée et l’arrêt immédiat de ce qui est présenté comme un « pseudo-investissement » qui cache mal une volonté sournoise de s’emparer d’un bien commun. Le débat sur la Bande Boisée semble relancé.

En réalité, il demeure au centre des préoccupations, pas seulement à Aokas, mais dans toute la région du Sahel et au-delà. Il a polarisé toutes les discussions durant la campagne électorale passée et continue de le faire. Ce qui se présente sous l’habillage d’un combat écologique, et c’en est un réellement, ne doit pas cacher un autre combat plus substantiel et plus profond, celui de faire face à la loi implacable de l’argent et du profit, portée par quelques énergumènes patentés, faisant fi de la loi, de la santé et du devenir même de toute une population. Tout cela, avec une complaisance éhontée des « élus du peuple », qui semblent se soucier de celui-ci que le temps d’une parenthèse électorale. La marche des deux populations d’Aokas et de Souk El Tenine, sonne comme une volonté de ces derniers de prendre en main leurs préoccupations. Un appel à une marche populaire paraphé par pas moins d’une quinzaine d’associations est lancé à Souk El Tenine, emboîtant le pas ainsi à leurs camarades d’Aokas qui, par le biais du « Collectif pour la défense du Patrimoine et de la Bande Boisée » qui s’est dégagé lors d’une assemblée tenue le premier du mois en cours, ont appelé eux aussi à une marche populaire. C’est donc une foule nombreuse qui s’est rassemblée hier à 10H place Katia Bengana, jouxtant le siège de la Poste, à Aokas, avant de parcourir quelques artères de la ville en scandant des mots d’ordre favorables à la sauvegarde de la Bande Boisée et sa restitution à la collectivité. Débouchant sur la RN09 et synchronisant à distance avec les marcheurs venus de Souk El Tenine avant de se rencontrer sur la place de la Bande Boisée où un des bénéficiaires de ces concessions a, d’ores et déjà, entamé les travaux. Une prise de parole a été ouverte sur place pour laisser intervenir quelques manifestants venus d’Aokas et de Souk El Tenine, mais pas seulement, des militants écologiques venus d’Adekkar, de Tizi N’Berber, de Melbou …etc ont adopté le combat pour la défense de ce « poumon vert » qu’ils considèrent un bien de l’humanité toute entière. D’une détermination sans faille, les intervenants se sont donné rendez-vous devant le siège de la Wilaya pour une autre journée de protestation, dont la date n’est pas encore fixée. La foule s’est dispersée dans le calme peu de temps après, chacun rejoignant sa localité respective. Rappelant que la Bande Boisée est plantée en 1964 dans le cadre d’un projet populaire de la Direction de Reboisement des Sols. La population qui est à sa troisième année de mobilisation dénonce un «pot-pourri» de quelques baraques servant à la consommation d’alcool et lieux de dévergondage, faisant le lit d’un déroutement certain de la jeunesse dont on exploite la détresse face au chômage par quelques postes d’emploi pour légitimer un massacre écologique programmé. D’autant plus, la Bande Boisée est protégée par un arsenal juridique important : Loi n°02-02 relative à la protection et à la valorisation du littoral, décret exécutif n°07-206 portant sur l’extension de la zone objet de non-ædificandi, la loi n°03-01, la loi n°01-20…etc. La mobilisation de la population semble partie pour durer, la balle est dans le camp des autorités.

Adlene Belhmer/BéjaiaNews