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Aokas : Un rassemblement en soutien aux détenus d’opinion.

La société civile d’Aokas, à 23 kilomètres à l’est de Béjaia, a organisé un rassemblement contre l’incarcération des trois détenus d’opinion : Merzouk Touati, Smail Chitour et Slimane Bouhafs. Un soutien est également transmis à la journaliste Hadda Hazem en grève de la faim depuis lundi dernier. Ce rassemblement se veut une sonnette d’alarme contre la remise en cause de la liberté d’expression et toutes les libertés démocratiques.

Sous le crachin, et en pleine période de campagne électorale, des dizaines de personnes se sont rassemblées place Katia Bengana, jouxtant le siège de la Poste d’Aokas. Des militants de sensibilités diverses, dont notamment ceux engagés dans la campagne électorale, ont répondu favorablement à l’appel lancé sur les réseaux sociaux. Ledit appel se prononce pour la libération des trois détenus d’opinion : Slimane Bouhafs, Smail Chitour et Merzouk Touati. « Il est inconcevable que dans un pays qui se dit démocratique, des hommes et femmes soient en prison pour la simple raison qu’ils ont exprimé leurs opinions, ou fait leur métier de journaliste », lance un des organisateurs du rassemblement. Un message de solidarité est aussi envoyé à la journaliste du quotidien arabophone El Fadjr, en grève de la faim depuis le 13 novembre, et qui se bat contre l’asphyxie que subit son journal de la part de l’ANEP qui a retiré sa page publicitaire du journal. Le summum de l’ironie c’est que cette même ANEP octroie allègrement du marché publicitaire au journal du FLN « Sawet el ahrar », nonobstant qu’il soit un journal partisan. Après s’être endettée et mis fin à sa version papier, la directrice du journal qui subit les représailles de ses prises de positions politiques, n’a trouvé que la grève de la faim comme ultime moyen de résistance, face à un pouvoir autoritaire et inique.

L’incarcération des deux journalistes et blogueurs, Smail Chitour et Merzouk Touati, ainsi que Slimane Bouhafs, est symptomatique d’une régression prononcée des libertés démocratique, et contredit les discours vertueux avec lesquels le pouvoir se targue auprès des organismes internationaux, et traduit par là même, une situation des plus catastrophiques concernant les droits humains les plus fondamentaux. L’interdiction de la tenue de l’université d’automne de la LADDH en septembre dernier, ainsi que le rejet de la candidature de militants insérés dans le mouvement social, participent à cette contre-offensive franche des pouvoirs publics contre tous ceux qui tentent de produire un discours et des pratiques que le logiciel répressif du pouvoir n’admet pas. La tendance est marquée outre mesure, que l’échéance électorale du 23 novembre se rapproche, et sera celle-là même qui va peser sur le choix de la succession en 2019 entre les différentes factions du pouvoir.

Adlene Belhmer/BéjaiaNews