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Aokas: Malika Domrane envoûte la contrée d’Ait Aissa


Le théâtre de verdure d’Ait Aissa, petit hameau perché sur les hauteurs d’Aokas, ne cesse de nous enchanter. Comme ce fut le cas à la soirée du vendredi dernier, qui a vu la diva de la chanson kabyle engagée, Malika Domrane, se produire au bonheur de plus d’un millier de spectateurs. Une soirée magistrale, qui ne risque pas d’être oubliée.

Fidèle à ce qui semble s’imposer comme une tradition. Une tradition qui coupe court au folklorisme dégradant des fêtes officielles, une tradition qui brise les torpeurs et la ribambelle des journées monotones, une tradition qui en contrecarre une autre qu’on veut nous imposer faite de dogmatisme, d’intolérance et d’archaïsme. Le théâtre de verdure de Bouteghwa, à Ait Aissa, offre un espace de culture, de solidarité, de rencontre et donc de vie. Véritable odéon des sans-voix, cette bâtisse construite « par le peuple pour le peuple » est en phase de devenir, s’elle est déjà, un cadre de résistance autonome  où la dialectique de la pensée plurielle défie les obscurantismes de tous genres, nous promettant à coup sûr une aurore aux doigts de rose.

Alléchante est l’affiche qui nous était offerte au spectacle du vendredi dernier, de par son mixage d’artistes jeunes et moins jeunes, qui ont su faire vibrer Ait Aissa à coup de décibels. L’ouverture du spectacle est donnée par l’inépuisable Chekkal Aziz, ce natif d’Aokas, vétéran de la chanson kabyle, a offert au public une prestation magistrale. Enchainant avec un groupe de jeunes, dont l’ambition d’aller de l’avant se lit sur leurs yeux, « FreeHead » comme ils aiment s’appeler, un groupe de cinq membres, se versant dans la music Rock, a tenu à interpréter l’incontournable « tavalizt » ainsi que « Imazighen » et « Mrehba Yeswen ».  Enfin, vint le tour de celle que tout le monde attendait, la diva Malika Domrane, qui n’a perdu un iota de son timbre, toujours avec cette aura qui tend à la sacralisation de la cantatrice. Fidèle à ses engagements qui façonnent son combat dont elle a tenu à réitérer, son déterminisme et son allure rappelle d’emblée La Kahina ou la figure mythique de Jean d’Arc. A peine commencé à entonner les premiers chants, que le public s’est mis d’ores-et-déjà dans l’atmosphère de la diva. « Bouberit », « Ajeǧǧig », « lahmala », ainsi qu’un double hommage rendu à Matoub Louenes et à l’inénarrable Muhend U Yahia, autant de chansons qui se sont invitées sur les planches du théâtre de verdure.

Emue par un public qui a su lui rendre un vibrant hommage, quelques larmes la trahissent pour témoigner de la charge d’émotion qu’il y a dans l’air. « Je reviendrai ! » avait-elle assuré, avant de s’éclipser de la scène, non pas pour rentrer, mais de rencontrer son public, enthousiaste à immortaliser le moment avec une photo et d’ouvrir des discussions à bâtons rompus avec d’autres. Public et organisateurs, commençaient à mettre les bouts à minuit passé, pour laisser rabattre la quiétude sur les lieux.

Azddine Aidoune/BéjaiaNews