2 décembre 2018

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AOUICHA BAHKHTI AU CAFE LITTRAIRE D’AKFADOU : « La femme est formatée à servir »

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Dans une conférence intitulée « La violence contre les femmes déséquilibre la société », qu’elle voulait non conventionnelle, Aouicha Bakhti a installé les modalités d’un échange dépourvu de toute formalité et insiste sur la construction d’un débat avec l’assistance.

Après une courte introduction dans laquelle elle a dénoncé le code de la famille faisant de la femme un « objet » possédé par l’homme ce « majeur pensant à la place de la femme mineure », elle rajoutera que la polygamie, estimée à 8% en Algérie, et les inégalités dans l’héritage sont une aberration au 21 siècle ; les lois qui cristallisent ce genre de conceptions au sein de la société constituent le premier combat à mener par la femme Algérienne.

Une lutte pour l’égalité que la conférencière, à travers ses rencontres, souhaite construire par la société, tâche ratée selon elle par les partis politique, même si elle rappelle que c’est sa formation au sein d’un parti de gauche (PAGS ndlr) qui a fait d’elle « la féministe qu’elle est aujourd’hui ».

« Le problème des violences faites aux femmes est le problème de toute la société et pas seulement des femmes »

Devant une assistance marquée par une majorité masculine, la conférencière a insisté sur la nécessité et la portée du combat pour l’égalité homme/femme qui n’est pas seulement celui de la femme, mais de toute la société. Il s’agit d’un combat pour l’humanité, contre des inégalités dépassant le stade des sexes, mais celui d’un opprimé et d’un oppresseur.

Cette oppression n’est pas toujours aussi visible qu’on le pense, explique Mme Bakhti, elle est présente dans un conditionnement imposé à la femme par les us et coutumes qui la réduisent à un sous-être au service d’un autre être (l’homme) placé sur la première place du podium.

« Pour le service national pour les femme à la condition d’une égalité sur tous les plans.»

Le débat ne pouvait passer à côté du sujet phare du moment. Pour ou contre le service militaire ou pas pour les femmes ? L’interpelle un intervenant.
La féministe s’est dite favorable à condition qu’on revoie d’abord son statut la réduisant à un mineur soumis à un tuteur. Avant de bruler les étapes pour discuter d’un tel sujet, il faudrait au préalable travailler à ce que la femme algérienne puisse avoir les mêmes droits que les hommes pour disposer d’elle-même. « Comment envoyer la femme aux armes alors qu’on la juge incapable de choisir par elle-même son époux ? », martèle l’activiste, en faisant allusion à la nécessité d’un tuteur pour autoriser la femme à signer son acte de mariage.
Aouicha Bakhti place de grands espoirs en la conscience de la région kabyle « à l’avant-garde des luttes », en soulignant que l’égalité entre les sexes n’est pas celui d’une prise de pouvoir, mais une réponse à un déséquilibre qui mine la société algérienne.

A la fin de la conférence, la parole fut donnée à une militante du mouvement pour la libération de Marzoug Touati, « prisonnier de la liberté d’expression », pour appeler à la marche du 10/12/2018 à 11h00 qui partira de la maison de la culture Taous Amrouche de Bejaia vers la place Said Mekbel.

HANNAT Hanafi/ BéjaiaNews

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