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L’architecte, un acteur majeur et incontournable dans la conception et la construction de bâtisses

Appréhensions du Conseil de l’Ordre des architectes à Béjaïa

Mise en œuvre du décret exécutif fixant la rémunération des maîtrises d’œuvre

Le président de l’Ordre des architectes à Béjaïa a invité les architectes à ne pas céder aux “velléités de diversion par rapport aux véritables enjeux de l’heure” en affirmant que des “cercles d’affairistes se constituent autour de la mission de l’architecte qui relève de l’intérêt public”.

Si l’Ordre des architectes à l’échelle nationale (Cnoa) a applaudi l’approbation du nouveau décret exécutif n°16-224 du 22 août 2016 fixant les modalités de rémunération de la maîtrise d’œuvre en bâtiment, le Conseil local (Cloa) à Béjaïa a fait état, pour sa part, d’appréhensions. Aussi, la prochaine assemblée générale pourrait être, le moins que l’on puisse dire, mouvementée.
Les membres du Conseil de l’Ordre des architectes à Béjaïa ont décidé de remettre sur le tapis leur réflexion, circonstanciée, remise à l’ancien président du Conseil national après la rencontre qui a regroupé les deux entités. Il s’agit, a-t-on rappelé, “d’une réflexion-bouclier à un hypothétique amendement de la loi 94/07” — en projet alors au ministère de l’Habitat qui aurait souhaité la contribution du Conseil national. Laquelle réflexion s’était voulue comme une synthèse de toutes les résolutions prises suite aux préoccupations exprimées par les architectes, “qui ont dû, le long de ces dix dernières années, mener un combat avec lucidité et détermination pour convaincre tous les intervenants dans l’acte de bâtir d’une évidence”. Il s’agit, en l’occurrence, du “port du titre du maitre d’œuvre, qui doit être exclusivement réservé à l’architecte personne physique”.
Elle se voulait aussi comme une réplique à toutes les supputations négatives et opportunistes qui voulaient “attenter” à la loi 94/07 qui, avait-on considéré, avait besoin d’être appuyée par des textes d’application censés être promulgués dans la foulée du texte réglementaire par les ministres successifs chargés de l’architecture. Le président de l’Ordre des architectes à Béjaïa, Amine Ikhlef, a invité les architectes à ne pas céder aux “velléités de diversion par rapport aux véritables enjeux de l’heure” en affirmant, notamment, que des “cercles d’affairistes se constituent autour de la mission de l’architecte, qui, pourtant, relève de l’intérêt public, faut-il le rappeler”.
Les membres du Conseil de l’Ordre des architectes à Béjaïa, à leur tête le président, étaient conscients du fait que “l’architecte allait être, malgré lui et par défaut de textes appropriés consacrant sa protection et, par ricochet, celle des populations, étouffé par un marché spéculatif comme pressing à une légitimation de la ‘personne morale’ dans la pratique de la maîtrise d’œuvre en architecture”. Tout l’enjeu serait, à en croire les membres qui ont pris attache avec notre journal, de substituer la personne physique par la personne morale.
Ils terminent en disant qu’ils demeureront vigilants et persévérants surtout, car il y va du métier d’architecte en tant que personne physique. Ils demandent aux adhérents de venir avec des propositions en vue d’enrichir davantage la réflexion, qui fera l’objet à nouveau de débats lors de l’AG, prévue incessamment.

M. Ouyougoute / Liberté