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Bachir Djaider, l’auteur aux écrits sans détour.

Bachir DJAIDER est natif d’At Waghlis dans la wilaya de Bgayet, ayant suivi des études en économie internationale à l’université Abderrahmane Mira de Bgayet, il a contribué en tant que chroniqueur à un journal bimensuel édité à la cité universitaire de Targa Ouzemour.

Happé par la magie des mots, il n’a de cesse cherché à étancher sa soif d’écrire, sa plume commença alors à s’échauffer et à se libérer. En parallèle avec son travail de cadre à l’administration publique, il contribue dans la presse écrite, enrichissant ainsi son lectorat de ses réflexions pointues. C’est par le biais du journal universitaire qu’il a atterri au quotidien El-Watan en 2008. Il a aussi collaboré avec d’autres organes de presse tels que la Dépêche de Kabylie, La cité, Soummam News… »

L’écume des rêves » est son premier recueil de poésie édité en 2013 aux éditions « Tafat ». En 2014, l’auteur change de style et de chemin pour en mettant sur les étals un ouvrage différent du premier, consacré à une palette de chroniques. Dans ces «chroniques politiques et sociales», rassemblées sous le titre générique « L’envers du décor », Bachir Djaïder croque la planète Algérie considérée comme un théâtre. Où le lecteur découvre un décor en trompe-l’œil. Resté dans la coulisse, sa position lui permet en effet de voir tout ce qui n’est pas visible de la salle. Il y a là exactement vingt-deux situations et intrigues scéniques (chroniques) qu’aucun manteau d’Arlequin ne peut dissimuler en partie. Place donc au théâtre comique, mais celui qui fait découvrir en même temps l’envers des choses, c’est-à-dire ce qui n’apparaît pas d’abord. Dans une satire des tares et des travers des dirigeants politiques, intitulée «Silence, ça tourne !», le chroniqueur rappelle pourquoi le spectateur a avantage à se tenir derrière les décors. «Le gouvernement algérien continue à jouer son rôle comme au cinéma, obtempérant à un scénario concocté avec un soin jaloux par des scénaristes dont on ignore l’identité.

Non, Bachir Djaïder n’est pas un pessimiste de la plume, ni l’aigri qui voit tout en noir. S’il montre de l’irrévérence, usant de cet humour plein de finesse impertinente qu’est le sien, c’est d’abord pour opérer un «retour vers le futur». Autrement dit, «dénoncer pour ne pas renoncer à sa liberté». Avec cette forme de résistance, précise-t-il dans une autre chronique, «même si nos pensées vont au futur, nous devons conjuguer nos idées au présent tout en n’omettant pas d’où on vient. Notre passé». Et parce que la représentation est un bide, un four complet, il a recours à l’humour et à la satire, amusés ou féroces, le ton étant souvent ironiquejusqu’à l’impertinence. Cette forme d’esprit (l’humour),il l’utilise pour mieux mettre en relief
tout ce qu’il dénonce dans son pamphlet : la bêtise crasse, les anachronismes, les excentricités.

Dans ce livre satirique, « L’envers du décor », le lecteur aura plaisir à découvrir et à goûter ses chroniques, une pièce théâtrale en actes divers et où le comique et le tragique se mêlent. Parmi les personnages en représentation, «les fous de Dieu» et dont les «pensées sont tissées dans un discours de haine, d’inimitié et où l’amour de l’autre est proscrit à jamais». Le style est direct, sans langue de bois. Bachir Djaider fait montre aussi d’une admirable maîtrise de la langue française. Le vocabulaire utilisé par l’auteur ne court pas les livres. Mais c’est un réel plaisir de découvrir ce style qui a le mérite de ne pas aller par quatre chemins. Un livre à lire, à partager et à commenter entre lecteurs jaloux de leur identité.

Asalas. B/ BéjaiaNews