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Le barrage a été une destination fétiche cet été

Barrage de Tichy Haf : Des escapades pour repartir du bon pied

Après la parenthèse du mois de Ramadhan, au cours duquel le barrage de Tichy Haf a replongé dans son calme altier, le site a, pendant tout l’été qui vient de s’achever, retrouvé de nouveau ses couleurs.

Une destination fétiche, fort prisée des amoureux de la nature, en quête éperdue d’évasion et de dépaysement. Loin de l’agitation de la ville. A Tichy Haf, le temps et l’espace ne semblent faire qu’un, tant ils sont intimement liés.

Les rivages de cette vaste étendue aquifère passent pour être l’attraction n°1 de la région. Un must pour les âmes en peine et les cœurs endoloris, et qui se retrouvent en phase avec eux-mêmes et en parfaite communion avec les éléments. On y vient souvent aussi pour taquiner la muse ou le goujon. Parfois les deux à la fois, l’un n’excluant pas l’autre.

D’aucuns s’y rendent pour seulement fuir l’enfer des agglomérations urbaines, s’enivrer d’une bonne dose d’air frais, humer les senteurs de la forêt toute proche, et contempler l’immensité glauque du plan d’eau et des falaises gorgées de soleil. «La nature, le calme et le charme de la montagne nous manquent cruellement. Tout ce dont on est sevré dans la cité urbaine, on le retrouve ici à satiété.

On savoure ces instants avec un bonheur inouï», lâche la mine joviale, un citoyen d’Akbou flanqué de ses deux enfants. Un autre visiteur de Béni Ouartilane, dans la wilaya de Sétif, confesse : «je suis un habitué de Tichy Haf. Cela dure depuis six ans. Une sorte de pèlerinage que je renouvelle plusieurs fois par an».

D’autres confient que leur escapade n’est rien de moins qu’un remède contre le stress ; une thérapie contre le mal-être ; un antidote contre la mal vie. «Il n’y a rien de plus propice, de plus indiqué que Tichy Haf pour recharger ses accus, évacuer le stress dans le calme et l’intimité, et repartir du bon pied», soutient un jeune visiteur, originaire de Tamokra, toute proche.

Levé aux aurores, Hamid a investi les rivages du lac dès les premières heures de la matinée.
Avec comme seul viatique son attirail de pêcheur et un quartier de galette, en guise de coupe-faim.

L’éreintant trajet qu’il a effectué depuis les hauteurs de Sidi Aïch où il réside ne semble pas le rebuter outre mesure. C’est qu’il tient, comme on tient à la prunelle de ses yeux, à sa passion fétiche. Un dérivatif qui tient lieu à la fois de hobby et de business, à l’occasion.
«Cela me procure un plaisir intense de traquer le poisson. Quand la capture est prolifique, je cède une partie aux marchands de la ville. Cela s’appelle joindre l’utile à l’agréable», dispose-t-il avec la foi du charbonnier.

Ce jour-là néanmoins, la pêche miraculeuse n’est pas au rendez-vous. Notre ami pêcheur doit se contenter du menu fretin. Pour autant, «cela n’est pas, loin s’en faut, un motif d’insatisfaction ou d’inquiétude, encore moins de découragement», tranche-t-il, flegmatique. Et ce n’est que partie remise.

La lumière vespérale annonçant l’approche du crépuscule, projette son ultime faisceau sur les cimes des falaises. Hamid se décide enfin à rentrer. Non sans se résoudre à rappliquer le lendemain, dès poltron minet. Pour une autre saga…

M. Amazigh / El watan