27 juin 2020

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Béjaïa maintient la flamme

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Décidément, le pouvoir illégitime trouve en la COVID-19 un allié inespéré. L’idée n’est aucunement de sous-estimer l’effet dévastateur de la pandémie, mais il me semble important d’évoquer l’usage obscène que la bande en fait. Inutile de disserter sur la stratégie de la bande qui use et abuse de politiques coercitives afin d’étouffer la contestation, car les Algériens ont compris les visées du pouvoir en place.

Reprise des manifestations?

Même s’il n’y a pas de consensus chez les animateurs du mouvement sur une date pour la reprise des manifestations, il est difficile de savoir si, précisément, les coups portés par la bande n’ont pas fait des dégâts dans la mobilisation.
En effet, les tentatives engagées çà et là pour réoccuper la rue n’ont pas résisté à l’arsenal policier mobilisé à cet effet. La faible mobilisation (la crainte du virus est à ne pas négliger) a, il faut le dire, facilité la tâche à l’appareil répressif.

Il n’y a aucun doute quant à la détermination de la rue à faire aboutir ses revendications, mais force est de constater que les tergiversations auxquelles nous assistons autour de la reprise de la mobilisation mettent en évidence les carences du mouvement populaire. Celles-ci sont liés essentiellement à deux aspects.

Le premier est relatif à la faiblesse de l’organisation du mouvement populaire. On mesure bien les conséquences de l’absence de noyaux, de comités, d’organes de concertation capables de donner des consignes et de coordonner les moyens de lutte.
Ce n’est pas par hasard, que c’est à Béjaïa où des traditions d’organisation sont légion et où une présence de comités de quartiers et de structures de débat et de carrés au coeur des manifestations est effective que la reprise est réelle même si elle demeure limitée.

Le second est lié à l’absence d’un projet politique clair susceptible de mobiliser et de constituer une alternative crédible au pouvoir.
Renverser le pouvoir en place ne constitue pas, en effet, à lui seul un projet libérateur.

L’esquisse de l’Algérie de demain doit émerger à partir des attentes et aspirations du peuple mobilisé. Ses attentes en termes de libertés et de démocratie, mais également au sujet de ses aspirations sociales que certaines forces tentent d’étouffer pour mieux détourner le mouvement en cours.
C’est par les avancées réalisées autour de ces deux aspects que l’on transformera ce mouvement nébuleux en un véritable processus révolutionnaire capable de concrétiser la rupture et de bâtir une nouvelle Algérie, celle des libertés, de la justice sociale et des services publics de qualité accessibles à toutes et à tous.
Ce sont là quelques chantiers qui attendent le mouvement populaire.

Mohamed ARROUDJ

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