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Béjaia : Mise au point de la LADDH adressée au Wali.

Après la fin de non-recevoir adressé à la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le Wali par voie de presse tente de louvoyer. C’est « en usant de contres vérités et d’échappatoires dans l’espoir de diviser plus et de semer l’amalgame », précise la mise au point de la LADDH, que les autorités comptent de justifier leur inacceptation de laisser la ligue  tenir son université d’automne. 

« Sans fondement juridique » avait réagi la LADDH au communiqué du Wali de Béjaia, envoyé le 29 septembre à  la presse et repris le 30 par les deux quotidiens El Watan et Liberté. Tentant de justifier sa décision, par un soi-disant « conflit interne », en avançant que « quatre noms revendiquent la présidence de ladite ligue, qui sont Hocine Zehouane, Nordine Benissad, Kaddour Houari et Debouz Salah ». Une échappatoire plus qu’un justificatif valable juge la LADDH par la voie de son vice président M. Said Salhi. Pour cause, à la demande de l’administration de clarifier leur situation pour activer d’une manière légale, la LADDH rappelle que c’est « le service d’ordre qui a refusé de nous remettre le récépissé de dépôt (sur instruction du ministre de l’Intérieur)… Le dossier déposé auprès du ministère de l’intérieur depuis cette date, n’a eu aucune suite à ce jour », ce qui fait qu’une fois le délai dépassé, la LADDH est agréée de fait. Et pour appuyer son argumentaire la LADDH précise qu’elle recevait des autorisations, et ce, depuis « 2008 pour l’Université d’été de Melbou, depuis 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et ce à l’occasion de son forum des droits de l’Homme ». Avant de nous apprendre qu’elle a été même « conviée officiellement à la présidence de la république à l’occasion des concertations en prévision de la révision de la constitution et ce, à deux reprises : le 5 juin 2011 et le 7 juillet 2014. Le Chef de cabinet de l’époque est aujourd’hui Premier ministre». A quoi rime donc cette volonté du wali d’envisager de couper les ponts derrière soi ? Une maladresse plus qu’une volonté délibérée ? On le sera dans les temps qui viennent. Affichant sa volonté d’user de toutes les voies légales, la LADDH promet « la saisine du tribunal administratif contre le wali de Bejaia ; la saisine des hautes autorités du pays par voie de lettre de recours ; la saisine des mécanismes extra conventionnels de l’ONU via les rapporteurs spéciaux ; et tiens à porter à la connaissance de l’opinion de sa décision de maintenir son université d’automne». Il est à rappeler que qu’un sit-in de protestation aura lieu le 05 octobre à 11H devant le siège de la wilaya et qui sera ponctué par une université populaire à la place Said Mekbel à 14H, et ce, sous l’initiative du collectif citoyen pour la défense des libertés né après cet épisode.

Azedine Aidoune/BéjaiaNews