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Un été pas comme les autres à Béjaia

Béjaïa : Plus qu’une semaine avant la fin des vacances, un été pas comme les autres

Plus que quelques jours nous séparent de la fin d’une saison estivale pas comme les autres.

Elle se terminera ce week-end après avoir commencé tardivement et elle n’aura duré, en finalité, que moins d’un mois. Il n’y a pas eu de monde cette année dans les stations balnéaires de Béjaïa. Le semblant de flux n’a eu lieu qu’à partir de la deuxième semaine du mois d’août et il commence à s’estomper. Durant le mois de juillet, malgré «le départ» du Ramadhan avant la fin de la première semaine, c’était la disette pour les loueurs de logements et de chambres ainsi que pour les commerçants du littoral. Le problème c’est que les juillettistes ont boudé la région et les aoûtiens ont retardé leur arrivée. «Nous n’avons commencé à recevoir nos clients qu’à partir de la deuxième semaine du mois d’août et ceci, exceptionnellement cette année, pour des séjours ne dépassant jamais la dizaine de jours», avouera Djamel, gérant d’une agence immobilière de la station balnéaire de Tichy. D’un air désolé, celui-ci dira que louer à la journée pour des courts séjours rapporte beaucoup de problèmes et moins d’argent. Mais qu’est-ce qui a fait que les habitués de la région aient, majoritairement, décidé de ne pas venir y passer les vacances ? Ceci ne peut s’expliquer que par la cherté de la location et celle des produits alimentaires. Oui, les commerçants sautent sur toutes les occasions pour augmenter les bénéfices et la saison estivale est l’une d’elles. Même la bouteille d’eau minérale a subi son augmentation. Fraîche, elle est vendue par certains énergumènes à 200 dinars en bord de mer. Quant à la location d’appartements, il ne faut pas en parler tellement les prix étaient exorbitants au début de l’été. 4 500 dinars la nuitée pour un F3 transformé en F2 avec la condamnation d’une chambre par le propriétaire qui y mettra ses équipements. Il ne laissera à la disposition du locataire que quelques matelas, un réfrigérateur, un réchaud à gaz (Tabouna) et une table et quatre chaises en plastique. Si l’appartement est équipé d’un climatiseur et d’un téléviseur, il est proposé entre 6 000 et 9 000 dinars la nuitée, selon le nombre de chambres mises à disposition. Ce n’est qu’à partir du début du mois d’août que les loueurs ont consenti, la mort dans l’âme, à revoir leurs prix à la baisse. Durant le mois d’août, pour attirer cette clientèle qui a boudé la région, les agences ont proposé des prix oscillant entre 3 500 et 6 500 dinars la nuitée.

Des vacances moins chères en Tunisie qu’en Algérie

Bien sûr que les prix de juillet ont fait que les touristes algériens aient préféré aller en Tunisie où les prix sont plus attractifs. Des formules en demi-pension ou en all inclusive proposées par des hôtels de Hammamet et Sousse, lesquelles sont largement à la portée de la classe moyenne algérienne d’autant plus que le payement se fait en dinars auprès de certains tour-operators. En plus de cette cherté, il y a également la saleté qui règne en maître mot au niveau de la majorité des stations balnéaires. Une décharge balnéaire à Aokas, une autre forestière à Tichy et un tas d’autres dans tous les coins de rue. Pour faire de la région une méga-décharge à ciel ouvert, les éboueurs ont mis leur grain de sel en observant des grèves cycliques de trois jours chaque semaine. La collecte des ordures ne se fait, donc, que le dimanche et le jeudi. Durant les autres jours de semaine, les ordures sont entassées à la vue de tout le monde et les touristes ne font que constater pour ne plus, certainement, revenir la prochaine fois. Il y a un tas d’autres contraintes qui ne feront qu’inciter les vacanciers à changer de lieu pour les prochaines vacances. Malgré les engagements des autorités tant nationales que locales, les jeunes désœuvrés ont imposé, encore cette année, leur diktat au niveau des plages en imposant le payement des droits de stationnement et la location presque obligatoire de parasols, de chaises en plastique et de transats. Avec le même nombre de contraintes que les années précédents y compris la pénurie d’eau, les vacances de cette année ont été écourtées par les touristes et elles risquent d’être beaucoup plus courtes l’été prochain si aucune disposition n’est prise par les autorités compétentes.

A. Gana / DDK