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Cascade de Kefrida : Un site envoûtant

La saison estivale, synonyme d’escapade et de farniente pour les uns, est aussi une opportunité de retrouvailles familiales et les réjouissances pour les autres.

Comme à l’accoutumée et à chaque début de l’été, la cascade de Kefrida, relevant de la commune de Taskeriout, est prise d’assaut par un carrousel de visiteurs venus de plusieurs contrées du pays pour se ressourcer. Elle demeure aussi ce lieu idoine pour rompre avec le rythme anxiogène de la vie quotidienne en se délectant avec les agréments simples aquatiques où règne un calme olympien. La cascade qui déverse ses eaux sur une hauteur de 50 mètres est engoncée dans un maquis constitué intrinsèquement de chênes-lièges générant, sous l’influence de la frondaison, une douce et fraiche brise. D’emblée, les senteurs florales vous saisissent, comme l’odeur rugueuse de la sève du figuier. Le bourdonnement des cigales, strident et lancinant, vous invite à de nouvelles sonorités d’une part, et le fond sonore produit par les jacassantes volées de moineaux et d’étourneaux crée l’enchantement d’une autre part. La cascade focalise l’engouement des estivants autant que les stations balnéaires que comprend la willaya de Béjaïa. En effet, à l’aune de chaque jour, d’innombrables vagues de touristes et autres traîne-savates en provenance des régions côtières limitrophes, telles Souk-El-Tenine, Aokas, Tichy, Melbou, Béjaïa, inondent la suite pour qui les ultimes soubresauts de ce branle-bas frénétique ne se dissipent qu’au crépuscule. Pour ces fans de la cascade et de la pureté de l’air, l’endroit est plus qu’idéal pour les épris de la nature et des espaces verts de faire une randonnée pédestre en famille, passer de plaisants et intenses moments dans la sérénité en reluquant religieusement le fracas assourdissant et inextinguible inhérent à la chute d’eau où le touriste lambda ne peut que se pâmer d’admiration devant ce panorama truculent.

Des touristes français émerveillés

Pendant que la marmaille se trémousse et barbote dans l’eau avant de faire trempette sous l’œil circonspect et attentif des parents, certains s’adonnent à la varappe pour tenter des sauts d’exhibition quelque peu alambiqués alors que d’autres, sans barguigner, le ventre creux, se gobergent autour d’un succulent pique-nique en pleine forêt et par la même occasion l’éventualité de jauger diverses friandises et autres entremets du terroir. Quelques trimardeurs, par contre, pour figer l’instant fugace prennent des photos-souvenirs. Parmi les estivants en villégiature, des familles algériennes établies à l’étranger et accompagnées de touristes français se sont déclarées fières de ce site envoûtant. Cette cascade n’a rien à envier aux autres cascades touristiques existant sous d’autres cieux. C’est un bijou d’architecture érigé tel un belvédère posé dans un écrin de nature sauvage. Le site représente, également, une source d’appoint pécuniaire pour les jeunes artistes de la région qui font des prodiges en matière d’artisanat : (poterie, sculpture sur pierre et sur bois et étalage de photos du site) afin de subvenir à leurs besoins quotidiens vu le chômage qui corrode la localité. Un fléau qui enthousiasme la frange juvénile du coin d’user d’expédients pour sortir de ce carcan social irrémissible. En guise de digression, on ne peut que se lamenter de l’incurie des instances concernées, vis-à-vis de ce site pittoresque en le privant de l’attractivité touristique qui est fortement tributaire de la qualité d’un programme d’aménagement de haut standing en le pourvoyant de toutes les commodités y afférentes, ce qui pourrait agréablement et gracieusement amender sa vocation touristique.

B. Mokrani / DDK