9 décembre 2019

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Chronique : Deuxième jour d’une grève générale.

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Le premier jour de la grève générale entamée hier a été globalement réussie, sauf certaines insuffisances comme la grève des transporteurs qui a figé le mouvement des grévistes les empêchant de rejoindre leurs lieux d’étude et de travail pour observer des sit-in sur place et pouvoir s’organiser.

Nombres de secteurs stratégiques sont touchés et des ruelles vides ont été le topo dans presque toute la wilaya et dans beaucoup d’autres régions. Des marches et des rassemblements sont observés notamment à Alger et à Constantine, invitant les commerçants à baisser leurs rideaux. Revers de plus pour ceux qui tablaient sur un particularisme kabyle, et dont l’élan de la grève et sa généralisation n’est qu’une énième désillusion.

Comme dans tout processus, une dynamique inégale et combinée s’est installée. Cette grève est inégale entre une région et une autre, et entre un secteur et un autre, mais elle est aussi combinée, dans le sens que ce qui se passe dans une région, en l’occurrence Béjaia et la Kabylie globalement, précipite un tournant décisif dans le pays dans sa totalité.

C’est cette loi du processus inégal et combiné qui explique l’élan spontané vécu à Alger, Constantine, Oran et qui a poussé les travailleurs de l’entreprise SATPI de Hassi R’mel à entrer en grève eux aussi malgré la forte distanciation.

C’est cette même loi que certains, nourris à la démagogie réactionnaire, feignent d’ignorer pour demeurer sclérosés dans leurs certitudes. Mais ce facteur là n’explique pas tout à lui seul, sans lui intégrer la dimension subjective des travailleurs et le rôle félon et traitre que jouent les bureaucraties syndicales.

Ce Hirak qui a permis le court-circuitage des éléments de contention des mouvements de masse, n’a pas ou presque, opéré une grande mu dans le monde syndical. L’UGTA entretient toujours ses reflexes d’allégeance « sidi-saidien » tout comme les syndicats autonomes -malgré les positions favorables qu’elles peuvent exprimer de temps à autre sur pression de leur base- nourrissent elles aussi les mêmes pratiques antidémocratiques.

Le règne de Bouteflika, a sciemment développé une dialectique interne aux organisations de masse qui disposent de puissants leviers d’intégration par l’ascension sociale individuelle qu’elles procurent.

Ces réflexes ont la peau dure même après 10 mois de Hirak populaire, et qui opèrent comme un chape de plomb sur l’expression autonome des travailleurs. Cette grève générale ouvre indéniablement un nouveau chapitre dans le long chemin de l’appropriation par les travailleurs de leurs syndicats.

Un chapitre encore contradictoire et qui donne du grain à moudre pour les militants ouvriers et progressistes pour endiguer une énième déviance. Seul un programme commun d’action unitaire fera étendre la grève et fera choir l’une des dernières béquilles du système : les bureaucraties syndicales.

Adlène Belhme/BéjaiaNews

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