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Contribution de Cherif Aissat : Coopération entre les peuples d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie

Coopération entre les peuples d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie
Un gigantesque potentiel révolutionnaire

D’une coopération contrainte, les peuples d’Algérie, du Maroc et de Tunisie sont passés à des États soumis qui, dans une dérive suicidaire, se livrent diverses guerres contre leurs avenirs.

Objectif du texte 

L’Afrique du Nord est dans un climat acrimonieux. L’objectif du texte est de montrer que l’évitement de la dérive ne sera que l’œuvre de ses peuples, lequel évitement doit être porté et dans cet ordre par : l’amazighité, la paix, la maximisation de l’uniformité constitutionnelle, le renforcement de la coopération plurilatérale et une politique de taux de change concertée et offensive.  Plus d’arguments et détails sont signalés dans les notes et sources d’informations en fin de document.

Avec une approche par la théorie des jeux [1] et articulée autour des principes universels [2] de la coopération internationale et du développement durable, ce texte développera l’atteinte d’un équilibre optimal nord-africain à gains positifs ou à une somme non nulle strictement positive.

Le principe de précaution (Leḥdar yerra leqdaâ en tamazight), une institution sociale dans la culture populaire algérienne et amazighe en particulier, une série de jeux simultanés avec connaissance parfaite de l’information sans l’hypothèse de rationalité laquelle sera remplacée par la sagesse (Wisdom ou Swav en tamazight qui inclut la noblesse et l’altruisme pour exclure l’ophélimité de Pareto) qui avantage plus la recherche du compromis et la maximisation du bien-être collectif que l’égoïsme individuel en seront le cadre normatif, axiologique.

Nous reconnaissons que les recherches d’équilibres politiques et économiques sont dynamiques et obéissent à des jeux séquentiels à information stratégique, c’est-à-dire aléatoire. Leurs complexités font que l’abstraction indispensable pour en faire (de ces jeux) des simultanés dans lesquels la dimension temps est absente et à calculs déterministes sera ardue à soutenir.

L’impossibilité d’utiliser des modèles mathématiques pour l’estimation quantitative des équilibres nous contraint à l’exploitation de données hétérogènes [3]. Les hypothèses d’analyse sont : 1) la guerre est un jeu dans lequel tous les participants sont perdants, 2) à un niveau de coopération donné, plus de coopération est préféré à moins de coopération et moins de coopération est préféré à zéro coopération, 3) tous les gains à valoriser avec les externalités sont à somme non nulle et, 4) les pays sont donnés dans l’ordre alphabétique lequel est sans influence sur les résultats.

Les possibilités de jeux entre les peuples et États d’Afrique du Nord

Les combinaisons de jeux possibles sont données dans l’illustration graphique ci-dessous. Elles seront développées en deux passes : la première qui sera globale intégrera des éléments d’histoire et la seconde inclura des variables constitutionnelles, socioculturelles et économiques.

Arbre de jeux pour en coopération
1
Passe globale

Sous les hypothèses énumérées précédemment, le jeu dans lequel les trois pays (Algérie, Maroc et Tunisie) ne coopèrent pas (combinaison NNN au vecteur des gains (8) : (A8, M8, T8)) est la situation qui a prévalu avant le déclenchement de la guerre de libération de l’Algérie le 1er Novembre 1954.  Elle est stylisée par la colonisation d’extermination française en Afrique du Nord, la mise en œuvre du Sénatus Consulte et les Enfumades en Algérie.

L’état de ruine dans lequel s’est retrouvée la France et sa nature colonialiste, qui a utilisé les Africains comme chair à canon, l’ont obligée à renier son engagement à se séparer de ses colonies à sa libération après la Deuxième guerre mondiale.

Préfigurant le conflit Est-Ouest, la France a été repêchée pour intégrer le Conseil de sécurité de l’ONU. Les USA sous la politique du containment l’ont mise dans la place qui doit être la sienne. En 1943, le président des USA, F. D. Roosvelt, a trouvé la présence des Français au Maroc anormale. Il a dit au roi du Maroc [4] et [5]:

Why does Morroco, inhabited by Morrocans, belong to France? […] Should a land belong to France ? When we’ve won the war, I will work with all my might and main to see that the United States is not weedled into the position of accepting any plan that will further France’s imperialistic ambitions.  

En 1945, le droit international à travers la Charte des Nations Unies dans ses chapitres paix et sécurité est mis en œuvre.

Premières détériorations des options pour de nouveaux équilibres et vecteurs de gains

En 1954, sans État, ni armée, ni hymne national, avec des institutions ad-hoc et une diplomatie révolutionnaire, des Algériens ont déclenché la guerre. En août 1956, le Congrès de la Soummam l’a inscrite dans la durée et a intégré les pertes qui seront le prix à payer pour la libération.  En octobre de la même année, la France a commis le premier détournement d’avion de l’histoire de l’humanité. En 1957, en détériorant encore plus les options pour améliorer les résultats, l’Algérie a été dotée d’un hymne national en arabe transmetteur de l’esprit d’indépendance à ceux qui allaient devenir les Algériens libres habitant un territoire de 2.3 millions de Km2.

Le détournement de l’avion : un Chicken Game (jeu de la poule mouillée) de premier ordre

Par les éthiques de la dignité et de la sagesse en tant qu’institutions, le roi du Maroc a proposé en échange son fils, le prince héritier, contre la libération des victimes de ce détournement.

En refusant l’échange, la France a emprisonné les cibles du détournement. Elle a fait basculer le jeu vers celui de « moins de coopération est préféré à zéro coopération » qui balance, dans l’illustration graphique, sur les chemins (CCN et CNC) avec ((A2, M2, T2) et (A3, M3, T3)) comme vecteurs de gains.

Sous l’hypothèse de : « Moins de coopération est préféré à zéro coopération » stylisée comme suit : à quelques exceptions, les intellectuels étaient absents dans ce jeu de la guerre de libération, les dirigeants du Maroc et de Tunisie omniprésents, les peuples ont été solidaires et ont accepté d’entrer dans le conflit. En rappelant que ces jeux sont à sommes non nulles, les gains ont été l’indépendance totale de la Tunisie et du Maroc.

Des pertes ont été subies tant par les Algériens que les Tunisiens et Marocains ainsi que les Libyens. Les pertes françaises cumulées à ses crises économique et financière, se sont aggravées. Prise en étau par le Plan Marshall et la conditionnalité de prêt des USA, elle a accepté la négociation dont l’issue était connue d’avance et qui a été : les Accords d’Évian.

Dans ces négociations, la France a réussi à imposer des conditions : l’exploitation du Sud, des bases navales, accompagnement dans l’installation administrative et bureaucratique, la pénétration dans le système éducatif, la monnaie et pour sa politique de reprise de contrôle de ses colonies, la France a lancé la Françafrique et c’est le début du retour de ces trois pays à l’absence totale de coopération, c’est-à-dire le jeu (8) sur le chemin (NNN) avec les gains (A8, M8, T8).

La dérive des États de l’Afrique du Nord

La libération de l’Algérie acquise, sa révolution devenue universelle ; la Tunisie est entrée magistralement dans la modernité. L’Algérie et le Maroc ont quitté le chemin du jeu (CCC) pour emprunter le (NNC). Ainsi, les trois États d’Afrique du Nord sont repartis sur des conflits qui ont stérilisé les précédents efforts communs des peuples.

Au lendemain de son indépendance, l’Algérie a enchainé, en 1963, avec un conflit armé interne entre l’État algérien dirigé par Ahmed Ben Bella (1916, 2012) et la rébellion armée menée par Hocine Ait Ahmed (1926, 2015). Dans une opération de diversion d’abord et de crainte de voir la Kabylie échapper au contrôle central ensuite, une partie de l’armée fidèle au premier nommé rejointe par quelques rebelles du second (nommé) a déclenché un conflit connu sous le nom de « Guerre des sables [6]» contre le Maroc.

Hocine Ait Ahmed tenait farouchement à l’intégrité du territoire. Il souhaitait une dictature idéale [7] , celle qui naitra d’une démocratie parfaite qui sanctuarise la dignité humaine. Son insistance sur une assemblée constituante et un nouvel hymne national ont buté sur une opposition. Cette situation a déclenché la spirale de la déstabilisation du pouvoir qui a débouché sur un coup d’État.

Si la Tunisie a évité le pire, l’Algérie et le Maroc sont allés crescendo dans l’affrontement avec des assassinats politiques et le musellement des oppositions sous l’accord tacite de la France et le silence des USA.

Dans la suite du document qui constitue après la globale, la passe plus ou moins détaillée, nous utiliserons des indicateurs numériques. Il est hors de nos intentions d’établir des causalités (b) ; rien que des corrélations argumentées. Avant leur établissement, une revue de quelques éléments d’ordre historique ou normatifs.  

  • Le caractère amazigh et non arabe de l’Afrique du Nord : le caractère originel de non arabe de la région fait au moins consensus ; son caractère amazigh (berbère) est une certitude. La sociogenèse les a fait fusionner. En Algérie et Maroc, l’amazighité est établie ; sa résurgence est visible en Libye et Tunisie. Les régimes politiques marocain et algérien en ont fait des instruments de gestion par la violence des populations. Depuis 2010 et les Printemps arabes, l’identité amazighe est passée de force à menace sur la paix. La lumpen position de l’identité est la plaie exploitée par les ONG internationales [8] pour secouer en permanence la région. Les intellectuels algériens et marocains, en particulier les fréquentateurs des salons parisiens plus à l’aise dans l’anti-islamisme primaire que dans l’effort intellectuel pour prendre position sur les problématiques essentielles du pays, sont dans la posture sur cette question ; ils ont en font un moyen de marketing.

Dans un volet institutionnel, nous affirmons avoir consulté des états en tifinagh (graphie originelle de tamazight) publiés par la banque centrale du Maroc qui les a retirés par la suite. Ignorant les causes de ce recul, avec cette prouesse, le Maroc a devancé l’Algérie. 

Du point de vue constitutionnel, l’article 5 de la loi fondamentale du Maroc [9] dit :

De même, l’amazighe constitue une langue officielle de l’Etat, en tant que patrimoine commun de tous les Marocains sans exception. Une loi organique définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, et afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle.

Et l’article 4 de sa pendante algérienne [10] dit :

Tamazight est également langue nationale et officielle. L’Etat œuvre à sa promotion et à son développement dans toutes les variétés linguistiques en usage sur le territoire national. Il est créé une Académie algérienne de la Langue Amazighe, placée auprès du Président de la République. L’Académie qui s’appuie sur les travaux sur les travaux des experts, est chargée de réunir les conditions de la promotion de Tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle. Les modalités d’application de cet article sont fixées par une loi organique.

La ressemblance entre les deux articles est frappante : numéros de succession, termes utilisés et leur caractère dilatoire. D’une liberté négative, l’amazighité est devenue une liberté positive bloquée par les États.

Comme durant la guerre de libération, les Algériens et les Marocains, en associant les Tunisiens et les Libyens doivent la repropulser en force pour qu’elle soit un facteur d’union au cas où des puissances étrangères ou mafia veulent déclencher des conflits armés dans la région.  Dans les sources d’informations sont signalés nos travaux et initiatives pour l’amazighité.

  • Sur les rédacteurs des constitutions

En mettant en relief l’amazighité dans les constitutions, enchainons avec un autre aspect. Au motif que les rédacteurs de la constitution algérienne sont inconnus, nous la qualifions de bâtarde. La demande formelle auprès des autorités et députés algériens pour révéler ses rédacteurs de la Loi fondamentale est à ce jour sans réponse. Par contre la marque de Noah Feldman, un américano-israélien favorable aux régimes politiques dosés d’islamisme, est attestée dans le processus rédactionnel de la constitution tunisienne [11]. Le silence des Algériens autorise à penser que N. Feldman ou son semblable serait dans l’équipe de ses conseillers ou rédacteurs. La ressemblance des deux articles sur l’amazighité pose la question suivante : Est-ce le cas pour la marocaine ?

  • L’Union pour le Maghreb Arabe

Dès sa création, cette unique institution internationale régionale a été voué aux gémonies. Même inefficace, sa disparition est un désastre. Désormais, en associant des parties tierces ou non, la résolution des conflits interétatiques régionaux seront arbitrés par des puissances qui ont intérêt à les attiser pour justifier leurs présences militaires qui protégeront leurs intérêts économiques et de défense avancée. Les cas de la Libye qui est en voie d’être partitionnée, de l’Algérie qui risque de subir le même sort et le Maroc n’est pas épargné en sont les plus lancinants. À cause de l’absence d’un tel forum, les querelles violentes entre diplomates sont devenues la risée des pays de l’OTAN.

  • Les droits de l’homme dans les trois pays

L’Algérie et le Maroc ont fait des dons de 500.000 $US au Conseil des Droits de l’Homme pour qu’il promeuve ces droits ailleurs et acheter sa complaisance ainsi que celles des Troïka qui préparent les rapports de leurs examens périodiques universels, les fameux Universal Periodic Review, devenus des instruments de chantage exploités à fond par les pays de l’Union européenne.

  • Les conflits du Sahara Occidental et des frontières [12]

Par l’absence d’informations sur l’eau et son partage en Afrique du Nord, son conflit potentiel sera éludé. L’inexistence d’un cadre international régional de négociations, l’absence de think-tanks nord-africains et arabes, les craintes des universitaires et intellectuels nord-africains à aborder ce genre de thématiques, l’impuissance de l’Union africaine et de la Ligue arabe et le peu de recours à la Cour internationale de justice ont fait de ces conflits de transmissibles maladies intergénérationnelles.

Les performances sociales et économiques du Maghreb et les équilibres.

Le jeu multilatéral entre les trois pays se limite à des échanges diplomatiques minimaux : la gestion des familles multi-origines et à résidences variées et aux échanges économiques informels. Les jeux entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie sont (donc) plutôt des bilatéraux. Ils sont indiqués par les chemins (CNC, NCC) avec respectivement (A3, M3, T3) et (A5, M5, T5) comme vecteurs de gains. La qualité de membre de l’OMC de la Tunisie et du Maroc n’est d’aucun gain commercial pour l’Algérie.

2

Un simple regard sur les tableaux ci-dessus montre que les taux d’accroissement naturels des populations (T.A.N) sont corrélés par leurs volumes respectifs [13]. Ces chiffres ne montrent aucun signe d’une  explosion démographique mais les assassins économiques [14]de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ont déclaré la guerre à l’Algérie dans ce domaine. Nos informations parcellaires dans ce domaine sur la Tunisie et le Maroc disent que ces deux pays en sont épargnés.

Le désastre algérien est dans la disponibilité des terres arables qui a diminué de 19,10 % en 1961 à 17,40 % en 2014 alors que celles des voisins ont augmenté substantiellement. Les écarts avec l’Algérie sont astronomiques. C’est le premier indicateur qui montre que ces trois pays sont dans le jeu (8) (NNN) avec le payoff (A8, M8, T8) et qui prouve la totale absence de coopération dans les politiques agricoles. Par déduction, la compromission de l’indépendance alimentaire régionale à coupler à l’impossibilité de solidarité en cas de famine due aux changements climatiques. Le taux algérien confirme que l’État va hypothéquer les richesses naturelles en optant pour des exploitations intensives par les multinationales : un crime, une trahison que nous avons détecté dans une analyse [15] d’il y a plus de deux ans.

Dans ce domaine agricole, la triple standardisation des données rend difficile l’interprétation des chiffres. En excluant l’Algérie qui présente des excédents en terre arable, ils montrent des écarts qui passent du simple au presque triple : de 7137 km2 pour Maroc (a) à -22078 km2 pour Tunisie (c).

Dans le domaine socioéconomique, les indices de développement humain [16] (IDH) montrent un écart terrifiant entre d’un côté le Maroc qui est classé 123/188 et l’Algérie et la Tunisie d’un autre avec respectivement des classements de 83/188 et 97/188. La variable explicative la plus influente est sans aucun doute le Rnb/habitant et nous le répétons, en plus d’être surestimé par les exportations du pétrole, le Rnb/habitant algérien est plus que douteux.

Les taux de change croisés : l’autre instrument du génocide et l’indispensable force des peuples

Le tableau des données macroéconomiques montre que le dinar algérien est la monnaie la plus faible. En calcul croisé, le dinar algérien, via le dirham marocain vaut 0.0823 DZD / MAD * 0.0899 MAD / Euro = 0,0074 DZD / Euro et qui est égal au taux de la ligne Algérie (2). En US$, le calcul donne :  0.0823 DZD / MAD * 0.1062 MAD / $US = 0,0087 DZD / $US et qui est aussi égal au taux de la ligne Algérie (2).

Le Maroc est dans les fourches caudines du FMI [17] et de la BM. S’il lui est impossible de stabiliser sa balance de paiements, celle de l’Algérie devient alors une quadrature du cercle. Puisque le taux de change du dinar est indexé sur le cours du pétrole, la réciproque devient vraie. Le dinar algérien subit ainsi une double dévaluation par rapport au dirham et euro ou dollar. Le même raisonnement est applicable avec la Tunisie.

Ce jeu est le (NNN) avec payoffs = (A8, M8, T8). À la faveur des conditions d’intégration plus favorables en Afrique du Nord qu’avec le reste du monde, seul les Algériens, Marocains et Tunisiens pourront le déplacer vers le jeu (CCC) avec un vecteur de gains = (A1, M1, T1). Pour atteindre ces résultats, ces peuples pourront demander la suspension des négociations de leurs États avec le FMI et la Banque mondiale, le contrôle des capitaux et l’ouverture des frontières sous la condition léonine de se rapprocher le plus possible de la parité parfaite entre les monnaies pour que la dotation factorielle ait des chances d’améliorer les résultats.

Des voies contre la dévaluation du dinar tunisien se sont élevées. Pour notre part, nous avons été radicalement contre celle du dinar algérien et nous avons pris l’engagement de le remettre à sa valeur d’Octobre 1988 [18] dans le cas où nous obtiendrons ce pouvoir sous la contrainte que les Algériens acceptent la dotation du pays d’un hymne national bilingue. Si ces deux exigences sont satisfaites, la négociation avec les frères du Maroc et de Tunisie risque d’être ardue parce que nous allons inclure aussi les pays nord-africains de la zone CFA pour ouvrir ensemble un front contre l’euro et la France en particulier.

Un bref Screening Device

À son retour de chez le FMI et la BM, le ministre algérien des Finances a parlé d’une nouvelle dévaluation. Dans ce cas, nous parlerons de crime de guerre ou de crime contre l’humanité. Le Maroc est sur la voie de la convertibilité [19] du Maroc de sa monnaie. Une fois sa mise en œuvre terminée, il augmentera son risque de crise de solvabilité par la fuite des capitaux en cas de crise systémique.

En croisant ces deux informations et en ajoutant les Tunisiens qui souffrent, le FMI et la BM vont faire de l’Afrique du Nord une nouvelle Grèce. Dans le cas où ce traitement se poursuit, le Sud algérien sera mis en guerre.

En Algérie, face aux difficultés d’améliorer les études en médecine, d’ériger des structures de soins en front-line et de mettre en œuvre des ceintures de santé, le ministre de la Santé s’est attaqué au plus grand problème qui même au Québec n’a pas de solution qui est celui de l’amélioration de l’accueil : un gigantesque chantier académique pour étudier l’impact des événements stochastiques et files explosives. Si tel est le cas au Maroc et Tunisie, alors l’ultra-capitalisme remettra en arrière les peuples de la région.

Yanis Varoufakis[20] pour des réponses à des questions simples

Quand j’ai décidé de réduire les énormes salaires des gestionnaires de l’HFSF, nommés en grande partie par la Troika, j’ai recu une lettre de Thomas Wieser, le président du groupe de travail euro, fonctionnaire clé de la Troika, qui me disait que je ne pouvais pas le faire sans son approbation. p.48

[…] j’ai essayé d’interroger le secrétariat de mon propre ministère sur le retard de quatre mois qui affectait l’ouverture de l’application Web par laquelle les entreprises soumettaient leurs déclarations de revenus. […] on m’a dit que je n’avais aucune autorité sur le secrétariat des recettes publiques, qui était effectivement directement relié à la Troika. p 49.

Les natifs des colonies françaises ont un trait de caractère en commun : le mépris et la condescendance. Pour réaliser ce travail, nous avons consulté des sites Web. Ceux des banques centrales marocaine et tunisienne sont partiellement dynamiques et plus riches en informations que celui de la banque d’Algérie. Il est légitime de se demander pourquoi le site Web de cette dernière qui a les prétentions d’appliquer les CRD de Bale 3 est aussi pauvre.

Par l’absorption, les autorités politiques algériennes ont sabré dans toutes les dépenses sauf dans les salaires. Ont-elles obéi à la même logique que la Grèce ?

Le Premier Ministre algérien a pris le problème de la prédation à l’envers. Au lieu d’avouer que les plus grandes entreprises publiques seront soumises aux lois du marché, c’est-à-dire les suicider par la prédation et la concurrence en autorisant les multinationales à s’installer dans le pays, il a dit qu’elles ne seront pas privatisées. En parallèle, il a augmenté le pourcentage des dividendes transférables.

Création de l’asymétrie de l’information et les appels à la paix en Afrique du Nord

Un Nord-Africain a été nommé à la tête du Département MENA de la BM. Agira-t-il en patriote en proposant un autre traitement à cette région et un amortisseur pour ses pauvres ou comme un fonctionnaire chargé de l’accompagner dans son assassinat ? C’est la surprise que réserve l’aléa moral (Moral Hazard) et la sélection adverse (Adverse Selection) qui sera connue dans ses prochains séjours dans la région.

Pour compléter cet aperçu sur notre tentative de créer l’asymétrie de l’information. Nous avons envoyé des lettres sur des sujets pointus à des responsables et économistes de la Banque mondiale et point de réponse. Sans l’effet escompté, notre échec dans la création d’une asymétrie de l’information est cuisant.

Nos appels à la paix. Après une réponse positive du Département information rattaché au Secrétaire général de l’ONU, nous avons envoyé des lettres à des ambassadeurs à l’ONU en sollicitant le parrainage de la Suède ainsi qu’à des ambassadeurs plénipotentiaires à Ottawa, nous avons aussi informé le Président de la France et les premier-ministres du Canada et du Québec.  Non seulement nous avons supplié les Algériens à demeurer pacifiques et nous continuerons à le faire, nous avons invité aussi des généraux à faire la même action [21]. Point de réaction et les motifs peuvent être nombreux et nous citons : 1) le mépris vis-à-vis du rédacteur de ce texte, 2) leurs craintes de s’exposer à la vox-populi, 3) les pressions extérieures qui le leur interdisent et, 4) la perte du sentiment patriotique.

En Nouvelle Zélande, c’est en 1999 que les grands singes jouissent du statut de personne humaine [22] ; en Inde, ce sont les dauphins [23] qui ont obtenu celui de personne non humaine. L’argumentation même succincte du gigantesque potentiel révolutionnaire chez les peuples algérien, marocain et tunisien propulsés par l’amazighité et animés de leur esprit de libération du 20ème siècle a été fournie et que la transformation du jeu de la coopération plurilatérale séquentiel à information stratégique en jeu simultané avec information complète peut être projetée dans l’avenir immédiat de l’Afrique du Nord et par extension toute l’Afrique.

Cherif Aissat.

P.S.  Le rédacteur est surpris par la profusion de dédicaces et pensées affectueuses mentionnées dans les livres d’économie, relations internationales et développement durable les plus récents qu’il a lus. Il profite de la notoriété du CRM pour adresser les siennes à cette exceptionnelle Canadienne pour lui dire que la matrice de sa mère est bénie et que même les circonstances contraires ont un contraire.

Notes

(a). Cette dernière hypothèse est très forte. Elle suppose qu’aucun pays n’est leader et aucun n’est en position de dictateur (dans le jeu) ou plus simplement : aucun peuple, aucun État ne détient un monopole de contrainte, persuasion ou coercition sur les autres.

(b). Certains universitaires des « sciences » sociales et en particulier les économistes font croire que les relations, qu’elles soient positives ou négatives, entre les résultats de fonctions à une ou plusieurs variables et les valeurs de ces variables, constituent une condition suffisante pour déduire la causalité alors qu’il n’a jamais été le cas. La confusion entre causalité et corrélation est sciemment entretenue. Exemple : l’émission monétaire est la cause de l’inflation. Un risque de tremblement de terre ou une simple rumeur sur la monnaie pourraient devenir des prophéties auto-réalisatrice (self fulfilling prophecy). Ces universitaires sont mis au défi de citer au moins trois études académiques de trois universités différentes et trois auteurs d’idéologies différentes qui atteste de cette causalité.

(c). Nous nous abstenons d’apporter un quelconque avis sur la qualité des chiffres marocains et tunisiens. Sur ceux de l’Algérie, nous affirmons que leur unique valeur est celle de leur existence. C’est pour cette raison que nous avons fait la standardisation de données afin de resserrer les arguments pour les déductions.

[1] Dixit, Avinash ; Skeath,Susan et Reily, David. Games of Strategy.4ed. W.W. Norton & Compagny. New York, 2015.

[2] Principes : 1) responsabilités communes, mais différenciées, 2)  précaution, 3) pollueur-payeur,  4) centralité des êtres humains dans le DD, 5) élimination de la pauvreté, 6) besoins spécifiques des PED, 7) participation des citoyens aux prises de décision, 8) nécessité des études d’impact , 9) principe de notification.

[3] The Problem of Heterogeneity. [A] substantial proportion of participants in social dilemmas is observed to take actions that are more cooperative than predicted for rational egoists. In Ostrom, Elinor. Understanding Instittutionnal Diversity. Princeton University Press. New York. 2005. p. 123.

[4] Evans, Martin. Algeria. France’s Undeclared War. The making algerian nationalism. p. 77

[5]  « [Equally], de Gaulle had to face the fact that neither  Eisenhower nor the incoming  […] J. F. Kennedy, elected in November 1960, was willing to support the concept of a French-led pillar of NATO covering Algeria, Africa and the Mediterranean. Quite the opposite; they wanted de Gaulle to bring about an end to the Algerian problem as quickly as possible.” In Evans, Martin. Algeria. France’s Undeclared War. The making algerian nationalism. Oxford University Press. 2012. p. 283.

[6] Maroc – Algérie – La guerre des sables (1963). https://www.youtube.com/watch?v=Z3Z9Xdoh4rA

[7] 3 théorèmes anti-démocratiques (et la lotocratie). Démocratie 3. https://www.youtube.com/watch?v=VNcj7-XUhoc

[8] The National Democratic Institue a formé des adhérents de partis politiques en Algérie. Le livre de Ahmed Bensaada, Arabesques est vivement recommandé.

[9] Royaume du Maroc. La constitution. Édition 2011. http://www.amb-maroc.fr/constitution/Nouvelle_Constitution_%20Maroc2011.pdf

[10] Présidence de la République. Constitution. http://www.joradp.dz/TRV/Fcons.pdf

[11]  Meddeb, Abdelwahab. Les fondements théoriques du soutien américain à l’islamisme. http://www.leaders.com.tn/article/13109-abdelwahab-meddeb-les-fondements-theoriques-du-soutien-americain-a-l-islamisme

[12] UNESCO. Des frontières en Afrique. Du XII  au XX siècle. http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001398/139816f.pdf

[13] Aissat, Chérif. Le livre de la Jarre pour la patrie.  Edilivre. Paris.  2016. Dans notre ouvrage, en plus de la démographie, nous avons développé normativement et positivement les aspects liés aux droits humains, biais de commerce et bénéfices économiques, impacts économiques de l’amazighité et la monnaie.

[14] Les deux tomes de Confessions d’un assassin économique de John Perkins sont recommandés.

[15] Aissat, Chérif. Algérie. Programme et politique d’austérité 2015. https://www.youtube.com/watch?v=bfIH_QOJSAk

[16] Aissat, Chérif. Le livre de la Jarre pour la patrie.  Edilivre. Paris.  2016. Dans notre ouvrage, en plus de la démographie, nous avons développé normativement et positivement les aspects liés aux droits humains, biais de commerce et bénéfices économiques, impacts économiques de l’amazighité et la monnaie.

[17] FMI. Le Conseil d’administration du FMI achève la deuxième revue de l’accord en faveur du Maroc au titre de la ligne de précaution et de liquidité. https://www.imf.org/fr/News/Articles/2017/08/01/pr17309-imf-executive-board-concludes-the-second-review-under-pll-for-morocco

[18] Aissat, Chérif. Cherif Aissat à Ahmed Ouyahia. https://www.youtube.com/watch?v=OwPTHuQP2gs

[19] Bank El Maghrib. Réforme du régime de change au Maroc. https://www.youtube.com/watch?v=t_SjiAnxKVQ

[20] Varoufakis, Yanis. Et les faibles subiront ce qu’ils doivent. Les liens qui libèrent. 2016. pp. 48-49

[21] Aissat, Cherif. H. Ait Ahmed. Adresses à Mrs Justin Trudeau, Phillipe Couillard et Emmanuel Macron

Cherif Aissat à Ahmed Ouyahia. https://www.youtube.com/watch?v=4eGwRZYFncU

[22] Le Fil rouge. Mon fleuve est une personne. http://lefilrouge.media/nouvelle-zelande-fleuve-whanganui/

[23] Notre Planète. L’Inde reconnait les dauphins comme personnes non humaines. https://www.notre-planete.info/actualites/3824-Inde-interdiction-delphinarium