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Double mensualité pour qu’un père de famille puisse acheter un mouton ! 

le budget qu’il faut réserver pour le sacrifice reste lourd pour les ménages à revenu moyen et voire impossible pour ceux à revenu faible . 

 

    La fête de l’Aïd “Amokrane” approche, à cette occasion, chaque chef de famille musulman””” s’il en a les moyens””” “doit sacrifier un mouton pour perpétuer le sacrifice d’Abraham. C’est pourquoi le prix du mouton se retrouve, à la veille de la fête, au centre des soucis et préoccupations des chefs de familles, ainsi, le mécanisme de l’offre et de la demande fait l’objet de discussions de tous, le prix se hisse aisément à la hauteur de celui des produits de luxe.

    le budget qu’il faut réserver pour le sacrifice reste lourd pour les ménages à revenu moyen et voire impossible pour ceux à revenu faible, le prix des moutons varie entre 40 000 et 80 000 DA, et même plus, une flambée des prix qui est volontairement provoquée par plusieurs acteurs de la filière ovine, de l’éleveur au revendeur, au boucher et à l’abattoir, tous veulent profiter de cette fête musulmane, comme d’habitude, pour engranger le maximum de profits, certains n’hésitent pas à gonfler artificiellement les prix pour s’en mettre plein les poches mais ils jurent qu’ils n’y sont pour rien, que ce sont les autres intermédiaires qui abusent loin d’eux, tout le monde se renvoie la balle, mais tout le monde prend sa jolie commission au passage et au final, c’est le pauvre consommateur qui paye tous les pots cassés et même les non cassés, d’où il demeure le seul à plaindre !

   Au rendez-vous, chaque année, ce scandale des prix élevés, c’est devenu une tradition en Algérie à l’instar de tous les pays musulmans, où la fête religieuse qui appelle et incite normalement, à la Clémence et à l’indulgence, cependant l’arnaque, le vol et de la cruauté prennent place dans les comportements des musulmans que l’argent et le gain facile aveuglent au détriment des pratiques religieuses.

   Selon le ministère de l’Agriculture, l’Algérie compte un cheptel ovin de près 28 millions de têtes, ce qui explique que l’offre dépasse, logiquement la demande et que chaque consommateur même à faible revenu, il pourrait avoir largement la possibilité d’acquérir un mouton,

   Cette hausse considérable à notamment fait réagir la Fédération Nationale des Paysans et des Agriculteurs « La seule explication logique à cette hausse est le déséquilibre entre l’offre et la demande », affirme Ibrahim Amraoui, vice-président de la fédération et montre de doigt le ministère qui est à l’origine de cette situation « la hausse des prix des moutons sur le marché est due au retard enregistré dans l’ouverture des points de ventes de proximité qui permettraient de stabiliser les prix à des niveaux abordables »

   Du moment que le mécanismes de régulation au niveau des marchés aux bestiaux sont inexistants le malheur des consommateurs de la viande rouge persiste en toute saison, car lorsque le ciel est généreux et que l’herbe est grasse c’est le bonheur de l’éleveur qui ne s’inquiète plus pour la disponibilité de l’aliment et en gardant ses troupeaux ne fait que grimper les prix mais en cas de sécheresse, il fait répercuter les dépenses élevées dues à l’achat des aliments, d’où l’équation reste la même dans les deux cas, car le résultat est constant, seul le consommateur continuellement , qui en pâtit.

    Certains pères de famille au pouvoir d’achat modeste se méfient désormais des moutons, le cas d’un quinquagénaire rencontré près d’un point de vente à Béjaïa, qui nous a confié qu’il souhaite que l’achat des moutons soit boycotté par tous, par solidarité à la plupart de consommateurs qui n’ont pas le pouvoir d’achat, car selon lui, étant musulman c’est d’abord penser à l’autre avant de respecter la perpétuation du sacrifice et puis les prix sont loin d’être à la portée de la grande majorité des consommateurs

    « La ruée sur le marché la veille de l’aïd provoquera forcément une hausse des prix” une sorte de taxe de la dernière semaine, qui comprend le gardiennage, l’alimentation et le dérangement ” Nous a avoué un autre père de famille.

    Il faut bien le dire, puisque le scandale dure depuis des années sans que les musulmans s’organisent pour court-circuiter tous ces professionnels qui gonflent les prix et qui continueront à saigner le pauvre consommateur et à l’obliger à renoncer aux fêtes sacrées, car au lieu de faciliter les célébrations religieuses pour que le bon dieu les bénissent , les musulmans, eux même, rendent le respect et la pratique de la religion pénible et voire même impossible

Wahiba Arbouche Messaci /BéjaiaNews