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Élections Locales et wilaya à Béjaia : le bric-à-brac juridique.

Les recours déposés au niveau du tribunal administratif suite au rejet de dossiers de bon nombre de candidats, entre indépendants et partisans de partis politiques n’ont pas eu gain de cause. Beaucoup y voient une injonction de l’administration dans le processus électoral, et les réactions ne se sont pas fait attendre.

Le tribunal administratif de Béjaia, contre toute attente, a rejeté les recours déposés afin de récrier contre ce qui semble clairement une injonction de l’administration contre un droit démocratique fondamental. Par un inique pied-de-nez, le tribunal n’a pas trouvé mieux que de radoter le fallacieux argument du « danger pour l’ordre public ». Ainsi, maître Amine Hamadache en charge des deux dossiers de Fatah Redjdal, candidat indépendant de Tazmalt et Chabane Benani du PST, avait signalé dans les colonnes du présent journal que « Le verdict s’est fondé sur un rapport des services de sécurité qui n’a aucune valeur juridique. Le motif présenté par le tribunal dit que les candidats représentent un danger pour l’ordre public, ce qui est contraire à la loi (Le motif n’a pas été précisé, sous prétexte classé secret) ». C’est donc sur un supposé rapport des services de sécurité que le verdict s’est basé, nonobstant de la loi, qui elle ne prévoit aucune enquête préalable en vue de l’acceptation de candidature. Maître Hamadache continue en affirmant : « Le juge a motivé son jugement à base d’une loi qui remonte à mai 1983 sur les pouvoirs des walis (pour la garantie de l’ordre public) alors que dans ces deux affaires mes clients remplissent tous les critères d’éligibilité pour se présenter aux élections régis par l’article 79 de la loi organisant le corps électoral ». Face donc à un tel méli-mélo juridique, il est plus que légitime de se poser des questions sur les raisons véritables de cet ukase. Après les restrictions que contient la dernière loi organique, dont entre autre : le parrainage pour les partis politiques et l’interdiction aux fonctionnaires des collectivités de se porter candidats. Il est clair qu’il est question de faire barrage aux militants syndicaux et associatifs de différents horizons afin de se porter candidats, et par là même une remise en cause des libertés démocratiques en générale. « Ce n’est pas à l’administration de choisir les candidats ! » déclarait le PST dans une déclaration-appel parvenue à nos soins le 10 de ce mois. De son côté Fatah Redjdal sous forme d’ode baudelairienne avait écrit sur sa page Facebook : « Le verdict a été rendu par un juge qui perd sa dignité.  Il déchoit un humble citoyen de ses droits civiques fondamentaux pour atteinte à la nation et sa souveraineté. L’article 79 a disparu !!!  Il s’est contenté de confirmer que ça relève d’un secret d’État. Les raisons ne sont pas citées. L’indépendance de la justice est sapée et démolie. Le politique prend la suprématie». Le RCD de son côté en bondissant sur ce malencontreux épisode avait signifié dans un texte publié le 6 octobre que « Concernant les élections locales du 23 novembre prochain, le RCD estime qu’il est urgent de réviser la loi électorale si l’on veut garantir à tous les citoyens le droit constitutionnel à se présenter devant les électeurs et de juguler la dégringolade, d’une élection à une autre, du taux de participation ». C’est donc à l’unanimité que citoyens et partis politiques rejettent cette inique extravagance du pouvoir qui cherche à grignoter les quelques acquis démocratiques qui nous restent.

Adlène Belhmer/BéjaiaNews