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ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET SLOGANS D’UN ECHEC POLITIQUE

Le théâtre électoral auquel il nous est donné d’assister, devrait être l’occasion d’un concours d’idées, émanant des différents bords politiques.

Or, si le pouvoir en place n’a nul besoin d’appuyer sa participation par un quelconque programme, sauf le rappel des dépenses courantes annoncées comme projets révolutionnaires, il faut aussi mettre en exergue que la majorité des partis d’opposition ne font pas mieux.

Un groupuscule, un clan, une bande gère le pays telle une entreprise rentière dont ils sont les patrons soufflant le chaud et le froid ; si vous voulez avoir votre part du gâteau et bien vous n’avez qu’à prêter allégeance ou ouvrir une franchise.

Cette bourgeoisie compradore épingle le peuple par la subsistance et le cloisonnement intellectuel relayé par son système éducatif idéologisé. Quelques uns de ses franchisés ont réussi à se hisser au rang d’oligarques grâce aux largesses du système les ayant fait naitre, soit en leur garantissant des monopoles piétinant la condition ouvrière, ou bien en leur ouvrant des marchés financés avec les deniers public.

Pervertir, abrutir et assujettir étaient les objectifs d’un système qui veut à tout prix se maintenir en place. Ont-ils réussi ? Oui, et ce en contaminant une opposition incapable de proposer une alternative concrète après 30 ans d’existante agréée.

La scène politique actuelle est faite de partis appendices faisant office d’agences publicitaires se chargeant de redorer le blason d’un emblème aux commandes bien trop flétri. Et puis on a l’opposition traditionnelle d’obédience « démocrate », incapable de fournir une alternative substantielle à un régime gestionnaire d’une rente naturelle sortie par la force de travail d’ouvriers exploités jusqu’à la moelle, et cédante une partie à des multinationales imposant leur capitalisme vorace.

Les analyses que proposent, les acteurs politiques les plus connus sont principalement des pronostiques sur la guerre des clans d’un système adopté comme patriarche, aucune alternative plausible n’est fournie.

Dans un sursaut ponctuel, on essaie d’échafauder des slogans bien plus marketings que politiques ; demander à des citoyens de lutter contre un 5ème mandat n’est que le signe d’une restriction de leurs visions non porteuses de solutions. Bouteflika ou un autre, il ne s’agira que du passage d’un cadre à une marionnette obéissant au même système. « Système » tel est le chaînon manquant aux propositions entendues ici et là ; il faudrait bien voir dans ce dernier un ensemble d’engrenages formant la machine à dilapider, écraser et se maintenir en place, le changement d’un de ces engrenage ne changera rien à son fonctionnement ; la solution est de changer toute la locomotive. Ni peste, ni cholera ; le sursaut doit venir d’une base citoyenne luttant pour la réappropriation de son droit à une vie digne.

HANNAT Hanafi