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Gaid Salah: Tout droit vers l’instauration d’un régime militaire?

Alors que le combat pour un Etat démocratique exclue de fait par rationalité immanente l’immixtion de l’armée dans le débat politique. Cette lapalissade semble ne pas cadrer avec les orientations du chef l’état major de l’armée Ahmed Gaid Salah qui incarne le pouvoir de fait aujourd’hui alors que la légalité constitutionnelle est officiellement consommée.

Le principe cardinal de « la primauté du civil sur le militaire » de la guerre de libération nationale consacré durant le congrès de la Soummam a toujours été le penchant faible dans la construction de l’Etat algérien, bien que consacré par formalisme constitutionnelle. Un principe tout aussi cardinal dans la construction de tout Etat démocratique. L’armée comme organe de force brute dont l’immixtion dans le champ politique préfigure l’instauration de régimes dictatoriaux et totalitaires. Cette posture semble être assumée par AGS car selon lui le mot d’ordre de « Dawla madaniya matchi askariya » (un Etat civil et non militaire) serait « une idée empoisonnée qui ont été dictées par des cercles hostiles à l’Algérie ». Un message qui sonne comme une légitimation sinon une normalisation de la militarisation forcené du champ politique qui pose les prémisses d’un virage autoritaire. La centralisation des pouvoirs aux mains de l’état major de l’armée jamais opérée depuis le règne de Boumediene témoigne de cette volonté de prise en main de tous les leviers de décision pour asseoir la domination du commandement de l’armée, qui est en train de détricoter les organes décisionnels de l’ancien bloc au pouvoir.

Le consensus établi durant le règne de Bouteflika étant volé en éclat un certain 22 février et avec lui le consentement qui caractérisait le rapport de pouvoir entre la classe dirigeante et les masses populaires. Une fois que ce verrou éclate la classe au pouvoir cesse d’être « dirigeante » mais devient exclusivement « dominante », recourant à la coercition pour reproduire le rapport de domination entre classes. C’est là un enseignement fondamental sur la nature de l’Etat. Néanmoins, AGS agitent ses derniers suppôts comme ultime manœuvre de basculer la polarisation du débat politique entre l’antagonisme qui opposent les masses en lutte au pouvoir de fait vers les contradictions partisanes des congressistes de Ain El Beniane La promesse de jouer le canal de facilitateur au pouvoir pour aller aux élections a fait flop par un rejet populaire unanime. Une rencontre pourtant rythmée avec un grand tapage médiatique qu’est au final s’est avérée qu’un cautère sur une jambe de bois.
L’interrègne du pouvoir politique en plein illégalité constitutionnelle ouvre les portes aux solutions musclées dont le discours d’AGS d’aujourd’hui donne un avant-gout désagréable. Il définie par la même le champ des urgences aux masses en lutte pour ne pas se détourner de leur objectif principal dont on vent dévier en tentant de surfer sur le sentiment identitaire à travers l’interdiction du drapeau berbère. Il est tout aussi nécessaire de continuer à poser la question du pouvoir dont le slogan « blad bladna w ndirou rayna » constitue une orientation stratégique.

Ce à quoi l’assemblée constituante est seule à même de répondre en donnant la majorité politique à a majorité sociale, tout en construisant les leviers de sa mise en place à travers l’auto-organisation des catégories sociales marginalisée.

Adlène Belhmer/ BéjaiaNews