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Hirak : Un 4 juillet incertain !

Le rejet unanime du passage en force des élections présidentielles du 4 juillet par les masses populaires en lutte depuis le 22 février étant confirmé. L’option du pouvoir de fait d’aujourd’hui est plus que jamais compromise, sauf à l’imposer aux biceps. Une échéance incertaine et à haut risques !

Les sommations contenues dans les éditos de la revue El Djeich et le journal El Moudjahed, met à nu la volonté du pouvoir de s’agripper vaille que vaille à une échéance politiquement rejetée et techniquement intenable. La caducité de l’article 102 et toute voie constitutionnelle est devenue un fait, que seul le pouvoir ne veut admettre. Les masses qui manifestent chaque Vendredi par millions l’expriment pourtant on ne peut plus clair : la voie constitutionnelle étant bouchée et dépassée, dès lors la solution politique est incontournable !

Au-delà des refus d’encadrement des mairies et des corps de la magistrature, le scrutin butte avant tout à une limite politique que seul un processus constituant est à même de pallier. Les cascades d’arrestations tout comme les cabales judiciaires contre d’anciens oligarques et dignitaires du régime sont révélatrices d’un processus de recomposition du bloc dominant au profit d’un pouvoir de fait incarné par Ahmed Gaid Salah (AGS).

Le cadre constitutionnel fournit à ce dernier l’aubaine providentielle de se doter d’une devanture civile qui garantirait la pérennité du système, qui de plus est, serait plus renforcé car débarrassé d’un Bouteflika dont la maladie rendait encombrant, après avoir donné l’image d’un système assaini en jetant quelques corrompus en prison. Pourtant, les millions d’algériens qui manifestent quasi-quotidiennement depuis 3 mois maintenant rejettent globalement et dans le détail le réajustement cosmétique dont veut s’offrir le pouvoir.

Le 13ème vendredi de mobilisation fournit l’expression manifeste d’un rejet unanime. Par ailleurs, l’option de déférer les élections à une autre date, s’il venait à être décidée, ne garantirait pas pour autant un satisfecit acceptable du moment que la revendication du départ de tout le régime, tant ses figures civiles que militaires, est le noyau de la revendication du moment. La non recevabilité d’une quelconque voie constitutionnelle car garantissant au final la pérennité du pouvoir en place.

Les masses en luttes lui opposent l’élection d’une assemblée constituante à même de bâtir un socle juridique qui garantirait les droits sociaux et politiques de toutes les catégories sociales opprimées qui sont le fer de lance du mouvement. Pas si sur donc que les élections du 4 juillet, maintenues ou déférées, feront rentrer les algériens chez eux !

Adlène Belhmer/BéjaiaNews