29 mai 2020

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Hirak Vs théorie du complot Par Samir Larabi

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Depuis quelques jours nous assistons à une véritable campagne politico-médiatique plus organisé qui vise non seulement à criminaliser notre processus révolutionnaire, mais aussi le présenter comme le fruit d’un complot de forces étrangères.

Pour eux, le Hirak est aussi un pur produit de groupes d’influences, d’officine occulte, voire même de groupes liés au « Franc-Maçon ». Le plus grave, en ce moment, c’est quelle ouvre la porte à toutes les dérives fascisantes, notamment chez les groupes sociaux qui soutiennent le régime. Ils sont utilisés pour abattre toute voix discordante. Des contre campagnes où tout les coups sont permis : racisme, régionalisme, mœurs, insultes, menaces, falsification de l’histoire …., cela avec la bénédiction du régime. La dernière trouvaille, le Hirak est venu suite a une fameuse rencontre a paris dans les locaux d’El Magharibia ou ceux qui veulent nous faire croire que le Hirak est dirigé par des officines « occultes » ou « informelles » et ce, sans pour autant apporter une preuve tangible et rationnelle.

Cette campagne qui na pas eu d’échos au début du Hirak populaire, a été amplifié dans une période post élection présidentielle du 12/12, car le régime qui a surfé sur la vague révolutionnaire pour appliquer son agenda, avait besoin objectivement de présenter le Hirak comme un mouvement « Moubarek ». Elle intervient aussi en plein crise sanitaire et la suspension des marches populaires, ou les militants du Hirak dans leurs diversités, ne peuvent pas réagir efficacement et riposter a la propagande.
Une campagne sournoise qui ne représente qu’un segment, d’un large plan de déstabilisation du Hirak, un plan qui ne se résume pas uniquement a la gestion sécuritaire , mais aussi aux nouvelles alliances qui s’annonce déjà avec certains partis politiques , syndicats et le patronat.

Depuis quelques mois nous assistons à une nouvelle recomposition politique dont beaucoup de masques vont tomber les semaines à venir.Le régime qui a perdu une bonne partie de son hégémonie sur la société, demeure le maitre du moment et sauvegarde sa capacité à coopter des individualités ou groupes sociaux.

En faite, la propagation de ces idées « complotistes » chez nous ne date pas d’aujourd’hui, elle remonte même au mouvement national ou certains conflits politiques n’ont pas été réglés par le débat et le vote démocratique des projets politiques en lice, mais par l’usage de cette fameuse théorie du complot. Une recette qui a toujours eu de bon résultats jusqu’à un passé très récent. Elle trouve aussi des échos grâce à ces milliers d’ouvrages dans nos bibliothèques .Grace aussi à ces multiples vidéos, « enquêtes » journalistiques et reportages sur la toile.

Pendant des années, les populations ont été conditionnées a croire ce genre de thèses. Des thèses qui trouvent échos malheureusement pas uniquement dans les pays autoritaires du tiers monde, mais aussi dans les sociétés dites « démocratiques » en occident capitaliste. En réalité tout les gouvernements du monde, car en crise, font usage de ces thèses comme technique pour faire peur a leurs peuples, assoir leurs domination sur la société et étouffer toute prise de conscience autonome.

De l’usage de la théorie du complot
Dans notre cas, ces thèses trouvent échos chez une partie de la base sociale du régime, notamment chez certains intellectuels en perpétuelle offre de service, à certains groupes appartenant aux couches moyennes déclassés et chez le lumpen prolétariat de nos villes et campagnes. Elle trouve aussi échos chez certains partis qui s’opposent au régime qui n’ont pas de socle idéologique clair et qui sert à régler brutalement des conflits internes.

Dans un pays ou la misère sociale et intellectuelle fait ravage, l’irrationalité ne peut que se propager comme le feu, causant des ravages extravagants. Elle sert à occulter les contradictions sociales et l’origine de la domination des peuples. Comme si nos peuples et ses organisations sociales ne sont pas en mesure de prendre des initiatives autonomes. Pour eux, seul le régime est autonome et peut-nous défendre de toute forme de complot des forces occultes, voir ce père qui va nous protéger de ce « bourrourou ». En contre partie on doit être totalement soumis aux désirs des maitres du moment.

A chaque protestation ou mobilisation sociale, cet épouvantail est mis en branle pour semer le doute et empêcher l’émergence d’acteurs sociaux. A cet effet, nos mouvements sociaux et politiques doivent s’immuniser contre ce « virus », chose qui ne peut se faire par le renforcement de nos organisations, le débat contradictoire et une alternative globale qui répond réellement aux aspirations démocratiques et sociales du peuple algérien.

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