23 décembre 2018

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Houria Chafaï-Salhi confère sur l’autisme et spectre autistique à Akfadou

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Invitée aujourd’hui, 22 décembre 2019, par le Café Littéraire d’Akfadou, le professeur Houria Chafaï-Salhi à travers son ouvrage « Ce drôle de môme …L’enfant autiste » s’est donnée pour tâche, lors de la conférence qu’elle a présentée, de vulgariser « une question complexe » qui est celle de l’autisme ; ce mal encore trop peu connu du grand public.

La psychiatre adopte une construction narrative à son ouvrage qui se veut une synthèse de certains cas étudiés lors de la préparation de sa thèse. Elle choisit de les présenter sous la forme narrative mais pas romancée, nous précisera-t-elle.

L’histoire principale est celle du petit Malik dont l’autisme est détecté par sa mère dès ses trois mois ; elle révélera d’ailleurs que la détection de l’autisme au stade précoce facilitera sa prise en charge et permet la réinsertion l’enfant dans l’environnement social dans lequel il évolue. Réinsertion car l’isolement et le repli sur soi sont les premières détresses dont souffre l’autiste ; cette isolation est vécue comme une torture, alerte la spécialiste. Elle préconise aux familles de ne pas surprotéger l’enfant mais, au contraire, d’adopter une attitude « normale » ou habituel avec lui afin de faciliter son inclusion dans son environnement immédiat.

Peut-on guérir de l’autisme ?
Le professeur reviendra longuement sur cette question dans l’objectif de rassurer les parents présents dans la salle. Catégoriser l’autisme n’est pas tâche aisée, tant il relève de certaines attitudes stéréotypées. La conférencière pointera du doigt certains reflexes à bannir ; considérer l’autiste comme un pestiféré ne contribuera qu’à accentuer sont repli sur soi, et donnera lieu à de graves angoisses avec l’âge. Ce n’est aussi pas un handicape mais une façon d’être différente de celle du commun des humains. Il s’agit d’une conduite à adapter à des personnalités particulières. Une guérison définitive ne peut être envisagée pour les cas atteints d’autisme, il s’agit juste de dompter leurs angoisses afin de leur permettre de vivre avec leurs différences. Le suivi psychologique constitue la marche à suivre pour permettre à des personnes autistes de vivre dans l’environnement hostile qu’est celui de la société dans laquelle ils évoluent.

« Les mères sont stigmatisées »
Pr Chafaï-Salhi insistera longuement sur cette stigmatisation des mères tenues parfois pour responsables de l’autisme de leurs enfants ; cette mise à l’index transparait au travers du personnage de la maman de Malik dont la pertinence de ses analyses est soulignée ; mais surtout pour contrecarrer certaines affirmations mises en avant par des spécialistes. Une intervention qui réhabilite l’instinct maternel au rang de premier intervenant psychologique.

L’auteure termine par inviter les parents à la lecture de « Drôle de môme » qui leur offrira, par le biais d’un récit commenté, les outils et la démarche à suivre pour, surtout, comprendre l’enfant autiste et l’accompagner dans son processus de socialisation.

HANNAT Hanafi/BéjaiaNews

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