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Interview avec le P/APC d’Akbou, Monsieur SALHI Mouloud

Le maire d’Akbou Monsieur Mouloud Salhi parle de son bilan après  une année de son investiture

BéjaiaNews: Le problème de constructions illicites et le squat du foncier public à Akbou demeurent toujours sans démolition. Pour quoi votre hésitation à signer des arrêtés de démolition comme vous l’avez promis lors de votre campagne ?
Mouloud Salhi: C’est un phénomène national qui avait connu son expansion au cours des années 90, et ce à la faveur des évènements qui avaient marqué cette période. Car pour lutter contre les constructions illicites et toute autre atteinte au domaine public, il fallait souvent user de la force publique alors que celle-ci était préoccupée et engagée sur un autre terrain plus important, relevant de la sûreté de l’Etat algérien. Donc, à mon humble avis, c’est le concours de toutes ces circonstances qui a permis à beaucoup de personnes de violer les lois en vigueur régissant le foncier et l’urbanisme en général. D’ailleurs, à un certain moment les pouvoirs publics au niveau central se sont résolus à trouver un moyen permettant de juguler le phénomène des constructions illicites. Là je fais allusion à la fameuse Loi 08-15 et ses différents textes d’application relatifs à la mise en conformité des constructions. Ladite Loi dont le but central était de mettre fin au pullulement des constructions illicites était de validité temporelle mais à chaque fois prolongée !
La commune d’Akbou, certes, n’est pas en reste de cette situation mais elle est loin de constituer un exemple édifiant en la matière. Ce qui est, par ailleurs, condamnable c’est lorsque des actes d’urbanisme ne répondant pas suffisamment aux normes requises sont octroyés par clientélisme ainsi que les autorisations distribuées à tort et à travers. Sinon, pour conclure avec votre question, moi et mon exécutif, sommes résolument engagés à mettre à l’arrêt toute construction illicite nouvellement entamée notamment celles érigées sur le domaine communal. En cas de persistance, je recourrais sans ménagement à l’usage de la force publique. Je le dis et j’insiste, le domaine public au niveau de ma collectivité est une vraie préoccupation et un impératif. A ce titre j’avertis que tout projet communal qui bute sur des oppositions infondées sera mené à terme même si cela exige de passer par voie judiciaire et la commune ne se désistera sur aucune indemnisation à percevoir en ce sens. Une commission ad hoc est installée et procédera incessamment, pour primo répertorier tous les assiettes foncières communales et d’autre part à réfléchir à éradiquer toutes les cités dont l’habitat est précaire.

BéjaiaNews: Beaucoup de projets souffrant le lancement au temps de l’ancien exécutif et demeurent toujours en arrêt où se situe le blocage ?
Mouloud Salhi:Je ne suis pas de votre avis car les projets ne sont pas toujours à l’arrêt. Cela étant d’emblée dit, pour lancer un projet, il faut tout d’abord examiner son opportunité, en faire une évaluation préliminaire et cela incombe aux différentes commissions de l’Assemblée. Ensuite si ce projet retient l’attention par l’importance de son impact socio-économique, là on engage les études techniques y afférentes qui détermineront le coût du projet. Ces actions supposent bien sûr un calendrier procédural et opérationnel à prévoir avec minutie. Ceci étant la démarche suivie pour le montage et le lancement de tout projet financé sur le concours du budget communal. Mais lorsque vous avez à lancer une nomenclature de plus d’une centaine de projets tous secteurs confondus, des projets votés, désactivés depuis des années, et c’est notre cas, là il faut se doter d’un effectif d’encadrement suffisant et tout aussi efficace notamment pour ce qui est du suivi technique. Croyez-moi la tâche n’est pas aussi simple qu’on puisse le faire croire. Je comprends l’impatience du citoyen. Nous venons de clore notre première année d’investiture à la tête de cette Assemblée, constatez de vous-même le nombre de chantiers ouverts, celui des projets relancés et ceux qui sont nouvellement inscrits notamment dans le domaine de drainage des eaux pluviales, de canalisation des oueds et ruissellements des projets d’assainissement, Je note que sans ces projets, aucun aménagement horizontal et urbain ne peut être fait au risque d’être délabré de suite par les intempéries. Il faut noter que plusieurs projets et infrastructures d’éducation, culturels et sportifs ainsi que dans d’autres secteurs ont été aussi pris en compte et lancés.
L’impact ne sera pas ressenti tout de suite, mais je suis persuadé et satisfait d’une chose, nous menons un travail propre, réfléchi, basique et surtout durable.

BéjaiaNews:  Le problème de la collecte des ordures demeure un souci majeur de la population. Aviez-vous prévu des dispositions pour parier  définitivement à cette carence ?
Mouloud Salhi:Il s’agit d’une problématique à laquelle nous nous sommes attelés à traiter et prendre en charge en toute urgence en attendant de trouver une solution définitive et viable. La première mesure que nous avions prise consiste en l’acquisition d’une nouvelle flotte destinée à la collecte des déchets ménagers. Car un déficit immense de couverture a été relevé en ce sens. Actuellement les déchets sont acheminés et déversés à la décharge contrôlée de Taharacht. Les monticules de déchets qui se formaient et grossissaient à longueur de temps ne sont plus ou moins visibles aujourd’hui. Mais notre souci majeur n’est pas pour autant dissiper ! Parce que, dois-je le rappeler, la décharge contrôlée de Taharacht doit un jour disparaître ou aménagée et d’ores et déjà toutes les réflexions sur cette éventualité sont engagées. Le deal se trouve assurément quelque part, mais comment y parvenir ? Moi personnellement je vois deux solutions pour le règlement de cette problématique. La première se fera par le truchement de l’investissement privé, la deuxième solution, quant à elle amènera les communes de la vallée de la Soummam à s’intégrer autour d’un consensus sur la question et là je fais allusion à la création d’un établissement intercommunal (CET ou autre) à aménager ailleurs loin du bassin de la Soummam. A ce titre je lance un appel à tous les maires de la localité afin de suggérer des propositions. Cette dernière solution va profiter socio économiquement à la commune qui va recevoir le projet sur son territoire. De toutes les manières un plaidoyer à un haut niveau est lancé pour une prise en charge effective de cette problématique majeure des préoccupations de nos populations. De ce fait, plusieurs délégations (Wilaya, ministères de l’hydraulique, de l’environnement…) ont été invitées sur le terrain pour surmonter les entraves liées à la proximité du terrain de l’oued Soummam et d’autre part optimiser la gestion des déchets pour un meilleur environnement.

BéjaiaNews: Les habitants d’Ifrane et d’Arafou et de Guendouza souffrent le calvaire en matière de transport, qu’envisagez-vous de faire pour répondre à cette demande ?
Mouloud Salhi:Le plan de circulation a été approuvé par les services de la Direction des Transports de la wilaya et nous venons de lancer subsidiairement les études sur les différents plans de transports à mettre en œuvre prochainement. Nous informons notre population et particulièrement celle des localités citées que plusieurs réunions de travail ont été élaborées avec la direction du transport de Bejaia et des autorisations de lignes de transport seront octroyées incessamment pour endiguer définitivement ce problème longtemps vécu comme un sentiment de frustration et de marginalisation. Donc, cette démarche en plus de régler une problématique endémique va générer plusieurs postes d’emplois au profit des jeunes désirant s’investir dans ce domaine.

BéjaiaNews: L’insécurité est un problème qui inquiète beaucoup la population d’Akbou, pratiquement tous les jours des cas de vol sont signalés, que peut apporter l’APC pour éradiquer ce phénomène ?
Mouloud Salhi:L’ordre public, la tranquillité et la salubrité publiques font certes partie des prérogatives du P/APC mais qui demeurent au même moment départagés avec d’autres autorités ès compétence, à savoir le Chef de Daïra, la Gendarmerie, la police Nationale ainsi que le Parquet. Donc il s’agit d’une mission commune sur laquelle nous nous attelons à coordonner nos efforts pour une meilleure prise en charge de ce phénomène d’insécurité et de délinquance. En revanche, au-delà de cela, notre commune, sous ma direction, préconise déjà, de mobiliser la société civile dans toutes ces dimensions à s’impliquer dans tout le travail de prévention qui devra se fait en amont en matière d’information, de sensibilisation et d’éducation des populations en difficulté. notre commune, bien évidemment, est en phase de recherche de mobilisation, notamment, de locaux communaux et autres moyens d’accompagnement pour la création de nouvelles sûretés urbaines de proximité au niveau de grands faubourgs tels que Sidi Ali Ouchedad et Aqvu Thaqdimt.

BéjaiaNews: Qu’en est-il de vos deux élus ayant quitté le territoire sans donner signe de vie depuis plusieurs mois ?
Mouloud Salhi:Il s’agit de deux cas qui ont été définitivement réglés. Concernant l’élu AMRI Achour qui s’est établi à l’étranger, celui-ci vient d’être remplacé par un élu issu de la même liste en la personne de Mr ABDELLI Abderrahmane. Pour ce qui est du cas de Monsieur CHERDOUH Abdelaziz, celui-ci qui devait prendre en charge son conjoint malade évacué à l’étranger, a présenté tous les justificatifs nécessaires étayant son absence au sein de notre hémicycle. Actuellement l’intéressé remplit de manière ordinaire ses rôles au sein de l’assemblée.

BéjaiaNews: Pensez-vous que le bilan d’une année de votre gestion est positif ?
Mouloud Salhi:En une année à peine de l’exercice de notre mandat, nous pouvons dire que l’amorçage du développement de notre collectivité a été réellement fait malgré les difficultés immenses auxquelles nous étions confrontés dès l’installation de la nouvelle Assemblée. Vous pouvez constater de vous-même que plusieurs chantiers ont été ouverts et lancés dans tous les secteurs. Mais cette envergure est appelée prochainement à s’accentuer vue les exigences et les besoins en développement et modernisation de notre collectivité. En ce moment, bien que nous nous astreignions à répondre aux besoins urgents de notre collectivité, il n’en demeure pas moins que notre attention soit principalement focalisée sur l’élaboration de grands projets structurants. En ce sens, nous avons réactualisé plusieurs études techniques faites dans le passé pour des intitulés de projets jamais entamés. C’est le cas de la canalisation de l’Oued Illoula, du dédoublement de la RN 26 de la Trémie de Guendouza jusqu’à au pont de Bouzerouel, le relancement du projet de canalisation du oued Ighzer Tahrikt, la réalisation de la bibliothèque communale, l’aménagement du stade communale, l’aménagement de la gare routière, l’aménagement du pôle commercial de Bouizene, la réalisation du Musée d’art d’histoire, de la salle omnisport à l’ex-voute, la reprise des projets inhérents aux différents réseaux d’adduction en eau potable et de l’assainissement…etc. Aussi, pour ce qui est du réseau routier et de la circulation routière, nous avons entrepris de densifier et mailler le réseau afin de permettre une meilleure fluidité du trafic routier. Cela doit être accompagné d’un plan de circulation réfléchi et plan de transport. Pour nous, ce que nous faisons est positif tant en qualité qu’en quantité. Mais nous sommes persuadés que le plus gros nous attend encore. Pour cela nous nous préparons et mobilisons toutes les énergies nécessaires, allant des élus de l’Assemblée, de l’Exécutif, de l’administration communale et du mouvement associatif. Toutes les bonnes volontés doivent s’impliquer.

Entretien réalisé par Abdelwahab Moualek