3 décembre 2018

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La cueillette des olives… Un rituel ancestral chez les Kabyles

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Depuis la nuit des temps, les Kabyles ont leur mode de vie social spécifique basé sur leur attachement à tout ce qui est légué par les ancêtres. Parmi ces valeurs figure la culture de l’olivier qui se transmet de père en fils représentant un vrai art en Kabylie.

Quand arrive la campagne de cueillette des olives, ce sont toutes les familles qui se mobilisent pour aller aux champs engranger les récoltes,une activité dans laquelle des familles entières sont restées fidèles, une véritable tradition et un un héritage ancestral, quel que soit l’environnement ou le niveau de vie des familles, des hommes et des femmes prennent soin de l’olivier malgré le froid, la pluie et même la neige jusqu’à ce qu’il produise des fruits.

Pendant la saison des récoltes, ils marchent ensemble dans des groupes portant des paniers de roseau ou d’osier et les matériaux de travail dans le champ afin que la récolte soit menée soigneusement, une mobilisation totale, faisant la joie des enfants les week-ends, des familles citadines auxquelles le retour vers la Terre ancestrale nourrit la nostalgie

Jadis , les femmes chantaient pendant la cueillette des olives en vantant les bienfaits de ce fruit, la solidarité, la fraternité, la joie et notamment “Tiwizi”, l’ancestral rituel d’entraide.

Des familles entières sont rassemblées autour du même arbre pour récolter ses fruits. Les hommes, généralement, grimpent courageusement sur les arbres pour secouer ses branches qui sont chargées de fruits pour les faire tomber dans le sol, tandis que les autres prennent leurs paniers pour recueillir les fruits tombés, lorsque le sol est couvert, tous les membres de la famille coopèrent pour glaner les olives et les ramasser dans des sacs, quant au transport de ces derniers, la tâche est cédée, auparavant,à l’âne dont le rôle n’était pas seulement la construction de la Kabylie.

La journée de travail est inévitablement marquée par une collation sous les arbres et une courte pause, à midi, allier l’utile à l’agréable, cueillir les olives et pique niquer dans l’herbe entre les lentisques, les genêts et les romarins dans un panorama de rêve, un ciel bleu colonisé par les vols d’oiseaux.

Les moments de plaisir de chacun est ce partage de repas en pleine nature, dans cette odeur de la montagne où une paisible atmosphère règne .

La fin de la journée est ponctuée par les récoltes, une rentrée chargée de paniers, de seaux ou de sacs remplis d’olives suivi de leur dépôt au moulins, squeezer d’olive (Thassirth Ouzemour) pour le presser et obtenir des huiles, des milliers de sacs sont emballés dans ces lieux, attendre le rôle pour obtenir cette miraculeuse sève . Deux types de moulins sont proposés , le traditionnel et l’électrique mais l’huile du premier est plus savoureuse que celle du deuxième, quoiqu’elle soit moins transparente et plus trouble que la deuxième.

Auparavant, les kabyles produisaient de l’huile médicale, les femmes écrasaient la drupe avec leurs pieds, l’huile extraite de cette opération a des vertus thérapeutiques inégalées

L’olive,“ azemmur”, dérivé du verbe zmer qui signifie «pouvoir, être fort, résistant, santé” à un grand impact positif sur la santé dont l’huile est également considérée comme un médicament parfait qui peut guérir beaucoup de maladies. Elle est également peut être utilisée comme remède à la maison pour les soins de la peau (brûlures), un antiseptiques, soin pour les grippes et pleines d’autres maladies . Il est notamment utilisé dans la cuisine comme le couscous, les pâtes, la galette et autres, d’où la prédominance de cet arbre millénaire, fétiche, vénéré et adulé par les populations reste éternellement lié aux kabyles.

L’olivier est aussi cet arbre qui n’est guère trop exigeant, il a juste besoin de chaleur, d’étés chauds et secs, et aussi de froid et de pluies sans pour autant supporter le gel, craignant l’humidité, il supporte les sols assez pauvres et secs. Et c’est ce climat propice que l’on retrouve tout autour de la Méditerranée.

Cette année, la récolte est fructueuse contrairement à la saison dernière, les discussions ne tournent qu’autour de la production de l’année, le prix et la qualité ainsi que la rente en huile par quintal, il n’y a de place que pour l’odeur de l’huile d’olive, il n’y a de place que pour les huileries, un sujet qui préoccupent tous car il est de ressort de chacun de veiller sur cette activité puisque l’huile d’olive relève des plus grandes richesses de la Kabylie, n’est-elle pas comparée à la vérité qui reste toujours à la surface et ne se noie jamais?

Wahiba Arbouche Messaci /BéjaiaNews

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