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La fin du régime approche/Mohamed Arroudj

 

Après le succès monumental du 34ème acte de la révolution pacifique, les masses populaires se trouvent désormais en position de force pour empêcher la bande mafieuse de continuer son œuvre destructrice entamée dès l’indépendance. Le rejet du système et de ses élections a mobilisé des millions d’Algériens dans les grandes et petites villes du pays.

La question des détenus au cœur du mouvement

En plus du rejet catégorique des élections que veut imposer ce régime finissant dans l’unique but de se régénérer, le peuple met l’accent sur la libération des détenus d’opinion qui croupissent dans les geôles de la junte militaire alors que les corrompus comme Tliba et autres généraux convoqués par une certaine justice n’ont pas de difficulté à passer les frontières. En effet, la rue a dénoncé vigoureusement les rafles que subissent les animateurs du mouvement et la répression brutale qui s’est abattue sur les étudiants lors de leur manifestation du mardi dernier (8 octobre). Mettre l’accent sur le drame des détenus est salutaire, car en plus du réconfort que cela apportera aux détenus eux-mêmes et à leurs familles, cela permettra aux manifestants d’affronter la peur que le pouvoir chercher à imposer. Le fait que la rue appelle les détenus à arrêter leur grève de la faim constitue un signal fort.

Rejet du projet de loi de finances 2020 et celui des hydrocarbures

En ce vendredi 13 octobre, le peuple mobilisé a exprimé son rejet des lois que le gouvernement illégitime s’apprête à adopter. Il s’agit de la loi de finances 2020 et de celle sur les hydrocarbures. Ces lois qui remettent en cause les droits sociaux des salariés et des retraités, mais pire encore, notamment pour la loi sur les hydrocarbures qui hypothèque dangereusement la souveraineté du pays et ses richesses. Le régime se sachant fini, tente d’allécher les multinationales et les puissances impérialistes pour acheter leur faveur et leur soutien. Le ministre de l’énergie lui-même avoue avoir discuté la loi avec les grosses pétrolières étrangères.

Il est inconcevable, en effet, que les hydrocarbures qui représentent plus de 90% des exportations du pays, soient bradés pour des intérêts étrangers. Qu’adviendra-t-il des services publics, de la subvention des produits de première nécessité? Le régime joue sa survie et n’a que faire de l’école publique ou de l’hôpital. Les enfants de la bande fréquentent des écoles privées huppées en Algérie et à l’étranger. Quand aux soins de santé, ils fuient l’hôpital public comme la peste et se font soigner le moindre bobo dans les hôpitaux, français, suisses ou anglais…

Le fait que le mouvement populaire se mobilise sur ces questions d’ordre économique et social est porteur de grands espoirs pour l’après révolution. C’est la question de l’Algérie que nous voulons qui est posée. En effet, la révolution qui ne change pas la vie quotidienne des citoyens n’est pas véritablement une révolution. Les manifestations de ce dimanche 13 octobre entrent dans ce cadre.

Faisons des mardis des journées de mobilisation générale

La journée de mardi consacrée à la mobilisation des étudiants est de plus en plus rejointe par d’autres couches de la société et elle constitue un moment fort de la mobilisation. Devant l’entêtement du pouvoir, il faut penser à en faire une journée de grève générale et de manifestation. Cela constituera un moyen de pression efficace pour contraindre le pouvoir à ouvrir des négociations sérieuses avec le mouvement populaire dans l’objectif unique de remettre le pouvoir au peuple. Le mouvement populaire décidera ensuite de la transition qu’il voudrait pour construire une nouvelle république juste et démocratique.

Il est également impératif de maintenir l’unité la plus large du mouvement et son pacifisme. Des armes fatales pour un régime habitué à semer la division et imposer son ordre par la violence aveugle.

Mohamed Aroudj