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Le caricaturiste Madjid Kemila se confie à Béjaia News

BéjaiaNews   : Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Madjid Kemila : Je m’appelle Majid KEMILA, originaire de Bejaïa, je suis caricaturiste et réalisateur de film. J’ai toujours cultivé une passion pour l’art sous toutes ses formes dès mon plus jeune âge. Il fut un temps j’étais financier, mais l’expérience n’a pas duré trop longtemps.suite à un accident de la circulation survenu en 2010, j’ai découvert le monde du cinéma avec un ami, durant mon long séjour à l’hôpital, qui voulait faire un film sur le système de santé en Algérie. Après ma sortie de l’hôpital, j’ai repris ma passion d’enfance, le dessin.

BéjaiaNews   :Qu’est-ce qui vous a lancé dans la voix de la caricature ?
Madjid Kemila : J’ai toujours adoré crayonner depuis que j’étais petit. A l’école, j’aimais passer mes récréations à dessiner les portraits de mes camarades de classe, c’était ma passion préférée. En 2013, un ami m’a proposé de faire des caricatures pour son site d’information, c’est à partir de là que mon aventure dans la satire a commencé.

BéjaiaNews   :Quels sont les noms de caricaturistes, algériens surtout, qui vous ont marqué ?
Madjid Kemila : Dilem sans même y réfléchir, pour moi il est le caricaturiste le plus influent en Algérie. J’aime bien sa façon de croquer l’actualité. Sinon, il y’a aussi le dessinateur français Plantu et le palestinien Naji al-Ali.

BéjaiaNews   :C’est quoi être caricaturiste pour vous : Quelqu’un qui fait rire les gens, ou un militant, ou un porteur d’un message… ?
Madjid Kemila : Pour moi un caricaturiste est un militant qui défend la liberté d’expression, et qui donne forme à l’actualité sous un jour satirique. Donc je dirais qu’être caricaturiste c’est de militer pour faire passer un message en nous arrachant un sourire moqueur. Tout en gardant l’objectif premier : informer. Ça ne fait pas longtemps, des caricaturistes ont été assassinés à cause de leurs caricatures, je parle des caricaturistes de Charlie Hebdo bien sûr,

BéjaiaNews   :A votre avis, est-ce qu’on peut rire de tout avec n’importe qui et n’importe comment ?
Madjid Kemila : On peut trouver de l’humour dans les situations les plus sombres, rire est la meilleure façon de dénoncer, ça marque les esprits et ça nous invite au débat. Les gens aujourd’hui se souviennent plus d’un dessin satirique qui les a fait rire que d’une image choquante d’un enfant décédé. Pour autant, Oui, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.

BéjaiaNews   : Est-t-il difficile d’être caricaturiste en Algérie ?
Madjid Kemila  : Etre caricaturiste implique des risques peu, importe le pays ou on est. Certains caricaturistes ont payé de leur vie la liberté de leur crayon. Encore en Algérie, un pays où l’illettrisme fait légion, le pouvoir de l’image est énorme. La caricature se voit censurée à tour de bras.

Correspondance particulière  /Bejaia News