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Le directeur de la culture veut liquider le café littéraire de Bejaïa

Les portes, de la bibliothèque principale, sont toujours fermées pour le café littéraire de Béjaïa, malgré l’engagement pris récemment par son directeur, de mettre à notre disposition, la salle de conférences de cet établissement.

Plusieurs demandes d’organisation de nos activités ont été introduites sans suite. Cependant, l’origine du blocage est ailleurs. Il se situe à la direction de la culture. Depuis le mois d’avril 2018, le directeur de la culture s’oppose sournoisement à nos activités en instruisant discrètement le directeur de la bibliothèque de nous refuser l’accès à la salle de conférences de la manière la plus illégale qui soit. Il s’agit d’une censure qui ne dit son nom. C’est pourquoi d’ailleurs le directeur de la culture se cache derrière le responsable de la bibliothèque pour le jeter en pâture auprès de l’opinion publique si des réactions de condamnation venaient à s’exprimer.

Nous ne sommes pas dupes. Il y a une ferme volonté chez le directeur de la culture de liquider le café littéraire. Ce fonctionnaire de l’Etat payé par l’argent du contribuable pour développer la culture a-t-il le droit de se comporter en destructeur d’une activité culturelle qui est aujourd’hui à sa onzième année d’existence et qui a largement contribué à remettre sur son piédestal le livre, la lecture et le débat d’idées ?
Ce directeur dont on ignore encore les réalisations en matière de projets culturels dans la wilaya de Bejaïa, a eu, quelques mois seulement après son installation, de graves démêlés avec des associations culturelles de la ville de Bejaïa suite à une opération douteuse de la reconversion de l’école des beaux-arts, affiliée à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Alger, en une école de musique, annexée à celle de Bouira. Tout le monde reste encore intrigué par cette injustifiable reconversion.

Le café littéraire ne restera pas sans réaction face à cette injustice. Il continuera à défendre son droit à exercer librement ses activités dans des établissements culturels publics destinés à cet effet. Il organisera dans les jours qui viennent un rassemblement public pour dénoncer toutes ces entraves, mais il interpellera aussi les associations, les écrivains, les artistes sur les restrictions de nos libertés, la privatisation des établissements culturels par des bureaucrates véreux, la propulsion de l’affairisme culturel, l’absence d’une animation culturelle régulière et de qualité…

L’état de la culture à Bejaïa est des plus déplorables. Il n’y a pratiquement plus de théâtre, ou rarement. Le théâtre amateur est banni des tréteaux. Les sites historiques se dégradent. Les bibliothèques sont mal loties et… ferment le week-end. La cinémathèque est aussi fermée les vendredis. Bejaïa, ville d’histoire comme l’atteste ses monuments historiques, est à ce jour… sans musée.

Quand des initiatives citoyennes sont prises pour insuffler une vie culturelle dans la cité, on dresse une infinité d’obstacles pour les décourager. Les pouvoirs publics veulent exercer un monopole quasi absolu sur l’action culturelle en choisissant de s’associer avec tous les pirates de la culture. Résultat des courses : la médiocrité culturelle a atteint un degré de développement tel qu’elle est considérée comme une norme que tout le monde doit suivre. Au lieu de tirer la sonnette d’alarme, les élus préfèrent, pour la plus part d’entre eux, tourner le dos à la culture.

Aujourd’hui, au lieu de contiqnuer à assister passivement à la dégénérescence et la dépravation de la culture, il y a nécessité de nous mobiliser, de nous organiser pour mieux porter le flambeau de la renaissance culturelle dont nous nous devons se donner comme objectif principal. Si l’on considère que la culture est un véritable facteur de développement humain, et qu’elle doit par conséquent trouver son meilleur accomplissement dans la liberté, il ne nous restera alors que de se s’impliquer pleinement pour contribuer à rendre notre société à faire siennes les valeurs universelles de progrès, de modernité et de citoyenneté.

Le café littéraire de Bejaïa Lundi 28 janvier 2019.