18 juin 2020

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Le hirak est doublement contraint: Le risque sanitaire et l’impératif organisationnel/Adel Abderzak

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Le hirak ne se pilote pas par l’émotion bien qu’il y’as urgence.

Le Covid-19 a permis à Tebboune et ses décideurs de marquer des points. La « normalisation » politique et sociale conjuguée à une répression programmée des activistes du hirak a créé une sorte d’impuissance, de fatalité, de doutes et de questionnements dans les rangs du hirak sans oublier que les réseaux sociaux troublent les évidences car chacun y vas avec ses émotions et sa…déraison!

Le Hirak est une chose sérieuse qui implique des millions d’algériens et qui exerce sa lame de fond sur les rapports de force politiques et les espérances des algériens. On ne peut pas en faire une forteresse assiégée facilement par la BRI. La colère est énorme, insoutenable. Essayons ensemble de la rationaliser, de lui donner du sens!

Le risque épidémique reste sérieux et le personnel de santé le confirme. La manipulation politique outrancière de cette pandémie par le pouvoir illégitime a facilité l’idée complotiste ou tout simplement que le virus n’existe pas. Le « qui a vu qui » prend place dans nos consciences jusqu’à nous mener vers un relâchement aux conséquences tres risquées.

Non, le risque est toujours la et encore sérieux. Un hirak hyper-organisé, avec des carrés ordonnés et encadrés oû bavettes et distanciation sont integrés et respectés aurait rendu la marche possible le 19juin et même avant. C’est à cela qu’il faut s’atteler.

Nous avons besoin de faire face à la répression, de défendre nos detenus, de nous libérer de cette guettoisation du hirak et son encadrement autoritaire. Organisons nous par quartiers, par sensibilités, par proximité pour préparer une réaction de masse, organisée et ciblant des objectifs précis. J’en vois deux, rejet du projet de constitution et libération inconditionnelle des détenus!

Ma conviction est que le pouvoir est aux abois. La peur d’une convergence de la révolution démocratique réclamée par le hirak avec des luttes sociales liés à la précarité aggravée par le confinement, rend le pouvoir et ses appareils plus autoritaire et plus répressifs.

Le Hirak doit reprendre vite mais en se préparant, en accélerant sa mise en réseau, en suscitant des collectifs d’organisation et de résistance à la répression. Nous pouvons se donner le 3-5juillet, date symbolique heureuse (contrairement au 19juin) comme premier départ pour évoluer crescendo dans une mobilisation forte, massive, organisée et toujours pacifique pour la rentrée politique et sociale de septembre!

Ceci n’empêche pas des actions pour la libération des détenus comme cela a été fait avec succès à Bougie. Restons lucides pour préserver l’unique force de changement dans notre Algérie!

Adel Abderzak

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