Accueil / Actualités / Le livre scolaire pourra-t-il être substitué par un autre moyen pédagogique ?

Le livre scolaire pourra-t-il être substitué par un autre moyen pédagogique ?

“Le livre et l’école”  tel est le titre de la conférence-débat animée par le professeur  Mohamed Lakhdar MAOUGAL, aujourd’hui le 8 mai, à 14h, au niveau de la Bibliothèque municipale  de la wilaya de Béjaïa, dans le cadre d’un café pédagogique dans sa sixième édition, en collaboration avec Tira Editions et l’association des journalistes correspondants de la wilaya de Bejaia.

L’ouverture de son intervention était  par un aperçu commémoratif des événements de 8 mai 1945,    ce 73ème anniversaire coïncidant avec la date d’aujourd’hui, pour citer le témoignage de l’ enfant de 15 ans à l’époque qui était l’écrivain Kateb Yacine, ce même témoignage repris  après 15 ans dans son chef-d’œuvres intitulé “Nadjma “ où le personnage de Lakhdar exclu de l’école à cause de sa participation aux événements de 8 mai 45, L’orateur a noué avec les deux autres auteurs contemporains  du premier à savoir Mammeri et Feraoun, pour le premier en évoquant le personnage de Amar des arcades de l’une de ses nouvelles, un enfant de “Dieu” dépourvu et isolé mais qui prend conscience que l’école ne résout pas les problèmes rencontrés à l’époque.

Quant au  personnage de Arezki l’intellectuel du “Sommeil du juste”  l’influence de son enseignant dans une école coloniale lui a engendré une fracture avec les Siens , son changement de mentalité et de  façon de concevoir la vie lui a causé une déchirure béante avec la société.

Pour le deuxième,  le personnage de Fouroulou, dans le “fils du pauvre” où Feraoun montre comment un enfant du village a pu réaliser ses souhaits et a atteint un haut niveau intellectuel malgré les pires conditions dans lesquelles il  vivait avec sa société

Les trois auteurs retracent ce lien enfant/école d’où il constate que l’école coloniale des indigènes  n’avait pas de lien ni avec la famille ni avec la société ainsi le conférencier pose la question sur l’école coloniale si  a-t-elle, réellement, servi ces enfants ?

Et il enchaîne avec l’école d’aujourd’hui où il  met en relief tous ses acteurs à savoir l’enseigné, l’enseignant et les parents qui sont concernés dans le contrat pédagogique ,  ces deux derniers jouent leurs différents rôles dans l’intégration du premier dans l’ensemble qui est la société et tant que l’évolution touche cette dernière elle doit toucher conséquemment les méthodes d’enseignement, ce qui entraîne l’utilisation de moyens plus modernes et plus sophistiqués et notamment plus rapide  et plus facile à manier dans l’acte et la méthode choisie pour accomplir cet enseignement, quant à l’évocation de l’orateur de livre et de son utilité c’est pour s’interroger sur ce dernier et s’il pourrait un jour être substitué par un autre moyen plus moderne et plus efficace tout en estimant que si d’autres moyens  seront choisis pour jouer le rôle du livre l’Etat doit contribuer pour que l’égalité de chances de réussir pour tous les apprenants soit réalisée dans le cas contraire les chances de réussir ne dépendront plus des capacités intellectuelles des enfants, ça sera plutôt liée à leur pouvoir matériel.

Ainsi ce professeur s’interroge  sur l’indispensabilité du livre dans le système éducatif et s’il n’est pas temps de le substituer par un autre moyen pédagogique  pour rêver d’un autre milieu scolaire baigné dans un système numérisé afin que la consommation  du livre redevienne ludique comme à ses débuts et ne sera plus utilitaire, le livre redeviendra cet ami fidèle de l’homme et non un moyen pédagogique qui s’impose pour réaliser sa réussite scolaire .

Wahiba Arbouche Messaci / BéjaiaNews