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« Le porteur d’histoire » d’Alexis Michalik ouvre le 8e Festival international du théâtre

« Le porteur d’histoire » d’Alexis Michalik, récipiendaire de deux Molières (texte et mise en scène) en 2014, a ouvert dimanche au Théâtre Abdelmalek Bouguermouh de Béjaïa le bal de la 8eme édition du Festival international de la ville éponyme (FITB).

La pièce, attendue avec enthousiasme et curiosité, a été à la hauteur de son retentissant succès en livrant, grâce à un jeu d’acteurs d’une extrême justesse, d’une mise en scène subtile et d’un texte mordant, un feuilleton littéraire à faire tourner la tête. Un feuilleton à la Dumas (du reste très présent dans les dialogues) qui fait la part belle à l’imagination et à l’imaginaire, et qui fait du récit, de la narration et du livre sa substance nourricière.

« Le porteur d’histoire » est un patchwork, voire une succession de récits personnels ou collectifs sans liaison apparente, mais qui s’enchevêtrent délicatement pour former une oeuvre compacte d’histoire prête à raconter pour dire que le cheminement d’une tranche de vie individuelle est une part non dite de l’histoire universelle.

Prenant fait de la disparition légendaire d’une famille bourgeoise pendant la révolution Française, Alexis Michalik invente un monde et des personnages dont les histoires particulières se recoupent miraculeusement, en faisant fi et du temps et des espaces. L’Algérie, le Canada, la France, dans son coup de crayon, plutôt dans son geste, ne constituent qu’un seul et même territoire, reliés par des intrigues extravagantes qui se révèlent au bout du parcours, des compositions d’un trésor livresque enfoui dans un prosaïque cercueil.

L’auteur a choyé manifestement les raccourcis pour soustraire son œuvre au risque de confusion avec l’histoire réelle ou avec les théories savantes de la sociologie. « Mon monde est simple. La vie est un récit et des émotions », a-t-il tenu à souligner lors d’une conférence de presse, reconnaissant cependant la difficulté à en saisir le fil conducteur par les spectateurs distraits.

La pièce est exigeante en termes de concentration, mais le public s’est laissé emporter par le jeu prenant des comédiens et leur performance, d’autant que parmi les membres de la troupe figurait une Franco-algérienne, Farida Belkebla, originaire de la wilaya de Béjaïa, qui a été, à l’instar de tous ses pairs, époustouflante.

« Assayi farhegh », (Aujourd’hui, je suis heureuse), répétait-t-elle, dans un kabyle approximatif, émue jusqu’aux larmes par l’accueil que le public lui a réservé, autant à elle et à ses camarades qu’a la pièce en général.

Un grand moment de partage, qui imprime un début sur les chapeaux de roue à ce festival, qui compte à son répertoire une trentaine de pièces.

APS