Accueil / Tourisme / Les Aiguades, le paradis terrestre des Béjaouis
dd

Les Aiguades, le paradis terrestre des Béjaouis

Il est ainsi des lieux à haute résonance, qui marquent une ville et la prédestinent à son prolongement ou à son complément dont elle vit et ne peut s’en passer. L’un ne peut aller sans l’autre.

Béjaïa grouille ainsi de hauts lieux mythiques qui font à la fois sa beauté et sa renommée. Traversée par un parc national (le PNG) qui la parcourt sur 12,5 km, chaque halte est un endroit sublime. Les Aiguades qui se présentent comme un appendice est on ne peut mieux, l’endroit le plus beau. Magique, mythique et mystique à la fois, il est mer, soleil, forêt… un endroit de recueillement et une qoba (mausolée) de tous les Béjaouis qui n’ont eu de cesse de vénérer le saint Sidi Aissa également chanté par Djamel Allam. Le lieu se situe à quelques encablures de la haute ville en son versant nord, au piémont d’une montagne élevé et sacrée où se dessine une baie féerique, où le vert des bosquets se mêle au bleu émeraude de la mer. Elle est protégée du côté droit par le cap Bouake, à gauche par le cap Carbone, et adossée à un mont couvert d’arbustes et de bosquet qui fait de la place une crique ombragée et une plage du reste réservée, très privilégiée. Une eau claire et fraîche coule à grands flots et sans interruption des sources de Sabaâ Djebilat (sept monticules). Des arbres centenaires à majorité platane dominent le balcon qui fait office de parking, une sorte de second quartier pour les Béjaouis et leurs hôtes. Quelques menus aménagements, n’ont pu redonner au lieu sa splendeur qui garde encore les vestiges de baraquements détruits, mais vite remplacés par d’autres pour remplir le vide. Si l’endroit affiche le plein durant l’été, à l’hiver, il est restitué à ses quelques fidèles habitués, et au bon gré de quelques résidents et restaurateurs qui ne réunit que ses quelques clients fidélisés. L’endroit est également utilisé par une association sportive qui organise périodiquement un challenge de traversée allant des Aiguades vers la jetée. C’est aussi un endroit d’où part la traditionnel randonnée organisée par l’association Assirem qui invite par la circonstance les personnes âgés de l’asile de Sidi Ouali à une promenade pédestre allant des aiguades au pic des singe via le cap. Un moment récréatif et d’oubli pour cette gent non habitées à l’effort. Les efforts fournis par l’APC à travers la réappropriation des lieux, son électrification, la consolidation de ses parois et murette avec de la pierre taillée sont autant de signes d’originalité et de beauté des lieux qui plaide pour sa restitution aux familles qui l’ont fui depuis et qui espère le retrouver. L’association les Aiguades dénonce Depuis sa création, l’association les Aiguades présidée par Djellouli, dont les adhérents ne se comptent plus, n’est là que pour faire de la figuration et dénoncer inlassablement l’état lamentable des lieux que des forces occultes veulent réduire à l’isolement. La route est exiguë et est dans un état délabré, ses vestiges sont en ruine, barraudage et dalles défoncées, l’éclairage fait défaut, même si des candélabres sont implantés sur toute sa route. Si les lieux appellent à une gestion qui doit bannir les privilèges de quelques propriétaires de cabanons, il appelle tout de même à quelques investissements entrant dans le cadre d’un éco-tourisme sûr et durable, au regard des nombreux touristes qui y viennent en été et pourquoi pas l’hiver si commodité il y a. Actuellement, libéré de l’emprise des commerces illicites et autres baraquement, il reste à ré-allumer les poteaux électrique et à pourvoir l’itinéraire en transport et à le couvrir par la sécurité. L’endroit mérite pleinement d’être reconsidéré en attendant un probable classement comme patrimoine à forte raison qu’il se trouve dans le sillage du PNG.

B. M. Oulhadj / La Nouvelle République

Un commentaire