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Littérature et liberté d’être, de penser et d’écrire…/Nadia Agsous

Dans son édition du jour, Le Matin d’Algérie a publié un article de mon ami Tawfiq Belfadel, intitulé Misère de la littérature algérienne contemporaine ». « En comparaison avec les œuvres des anciens maîtres, la littérature d’aujourd’hui est en panne. Grande régression ! » écrit-il. Puis il ajoute, « la littérature algérienne d’aujourd’hui est pauvre, malade, et misérable parce qu’elle est enfermée, repliée sur elle-même, séparée de l’Autre et de l’Ailleurs par de hauts murs abstraits à l’image de cette Algérie qui ressemble à une boite froissée par le repli .»

Il me semble, que pour comprendre la situation dans laquelle se trouve de nos jours la littérature algérienne, il est important d’analyser le pourquoi de la récurrence des thèmes et l’enfermement dans un huis-clos algéro-algérien. Il me semble que les éditeurs jouent un rôle important dans le maintien de cette situation. Beaucoup «obéissent» à des impératifs mercantiles : publier des livres à la portée du plus grand nombre pour attirer les lecteurs et vendre.
Au sujet de l’enfermement sur soi de la littérature algérienne, les raisons sont aussi d’ordre moral. Pour inclure l’autre dans son écrit, pour parler de sujets tabous, il faut d’abord se libérer. Or, la liberté n’y est pas. Il faut que la liberté soit dans les têtes, dans les cœurs pour qu’elle puisse servir à celui qui la « porte ». La liberté est un way of life; c’est un savoir-être.

Les éditeurs là aussi jouent un rôle important. Si un auteur casse certains tabous – les plus tenaces – ,son écrit ne sera pas toujours accepté car presque tous les éditeurs, publient pour un public familial comme il existe des salles familiales dans les restos.

En Algérie, nous sommes obsédés par le « mot « familial » car il est synonyme de respectabilité.

Nadia Agsous