24 août 2020

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Lutte des travailleurs de Numilog : quel message envoyé ?

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21 Août, les travailleurs de Numilog en lutte depuis deux mois reçoivent un courrier notifiant leur licenciement. Théâtralisation désolante ou mépris ignominieux, le courrier est transmis par poste, sans doute pour s’éviter un vis-à-vis avec les travailleurs en rage de s’exprimer.

Ce coup de force signé Issad Rebrab est porteur d’un message politique en plus d’être un coup de plus dans le dos des travailleurs. Moment d’appréhension par excellence, cet épisode offre une rampe de perception du hiatus qui sépare la parole et les faits. Derrière les haillons de fortunes d’opposant se divulgue la capitaliste rapace, intransigeant avec des travailleurs qui veulent introduire un espace démocratique dans l’entreprise de notre « démocrate ».

Mais plus fondamentalement, le patron de Cévital offre à voir les largesses qu’il se permet après avoir repris pied dans l’édifice du pouvoir. Car toujours à l’affut de positions politiques pour consolider leurs affaires, sans quoi nous « capitaines d’industrie » se réduisent à n’être que de vulgaires caporaux. Et quand de telles positions sont acquises les largesses qui en découlent piétinent lois et éthiques et dont les travailleurs de Numilog ne peuvent qu’en témoigner âprement.

Le licenciement des 196 travailleurs est donc avant tout une confirmation de cette loi générale et opère par la même un glissement dans la situation latente de la recomposition du régime à sa dimension patente. Car comment expliquer qu’on fasse fi d’une décision de justice au profit des travailleurs, sinon par la garantie et la bénédiction du pouvoir réelle.

Les pompes avec lesquelles le président Tebboune a gratifié « le bon patron » durant la dernière tripartite font office de noce d’un front commun Tebboune-Rebrab contre les travailleurs. Ce front uni du patronat avec le pouvoir sous l’œil bienveillant de la bureaucratie de l’UGTA, interpelle sur la nécessité doublée d’une urgence de lui opposer un front uni des travailleurs en lutte.

La solidarité est plus que jamais nécessaire et articule à la fois objectifs immédiats et ceux à long terme pour faire barrage à la dictature entrepreneuriale normalisée. Une telle solidarité doit s’opposer aussi à une certaine « élite » qui tapine aux grés des vents contraires des opportunités offertes et de l’image vertueuse dont elle a drapé le patron de Cévital il ne reste aujourd’hui que des fracas.

Adlène Belhmer

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