22 juin 2020

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Matoub Lounes… L’enfant immortel de la Kabylie

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Si ce n’était l’injustice humaine, MATOUB Lounes aurait fêté ses 64 ans aujourd’hui ! Chanteur, poète, musicien interprète et surtout militant de la cause AMAZIGHE, Lounès MATOUB est né comme aujourd’hui un certain 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa Ouamar, Ath Douala de Tizi Ouzou.

Dans une journée glaciale et pluvieuse, cet enfant terrible est venu pour égayer le monde de ses parents et notamment pour marquer profondément la vie de ses milliers de fans. Personne ne pouvait savoir que la vie de ce nouveau-né ne serait pas un fleuve tranquille mais un volcan en permanente éruption, personne ne pouvait deviner que les années lui seraient injustes car si l’arme de 1988 ne l’a pas éliminé et le kidnapping de1994 ne l’a pas supprimé, les tirs de 1998 l’ont achevé !

C’était évidemment au lieu-dit Tala Bouanane, qui relie Tizi Ouzou à son village natal, le 25 juin 1998, qu’il tombe sous les balles assassines du groupe armé… Une date fatidique, qui reste ancrée éternellement, dans la mémoire de chacun, des milliers de fans endeuillés à chaque instant qu’ils écoutent religieusement sa très large et variée discographie !

Son riche répertoire où la cause identitaire primait, était chantée avec toutes ses forces, son œuvre était contre l’arbitraire et l’obscurantisme, en faveur de la justice et de la démocratie.

 Le thème de la révolution n’était pas secondaire, car son amour pour ce pays, d’un million et demi de martyrs, n’avait pas d’égal, il rêvait d’un pays juste et démocratique, loin de toute hypocrisie sociale, religieuse ou politique, il rêvait d’un pays digne du sacrifice de ces nobles hommes et femmes  qui avaient donné leurs tendres jeunesses pour le libérer… Il a chanté avec la même énergie l’amour et la mort, il a éduqué des générations, il a bercé le petit avant le grand et il a valorisé le vieux et a sacralisé le jeune, il avait certes défendu la femme mais avait gracié l’homme ! Tous ses textes sont dotés d’une richesse métaphorique et lexicale incroyable ! Dans ce refrain musical où la mélodie était inspirée du patrimoine du chaabi algérien, auquel il insufflait une particularité, dans une âme typiquement kabyle, interprétée par cette voix de roc résonnant, éternellement, au point de ne pouvoir combler la place vide qu’il a laissée par son prématuré départ pour un monde de justice de miséricorde et de paix.

Lounes revient chaque anniversaire, parmi les siens et ses fans, qui n’arrivent toujours pas à concevoir cette lourde perte et il continue éternellement à séduire des générations, qui font de ses biens et de sa tombe le lieu de pèlerinage, afin que nul n’oublie cet acte meurtrier qui a ôté l’âme à la Kabylie et a éteint les étincelles de la démocratie, dans son vrai sens propre du mot.

22 ans plus tard la vérité sur son assassinat ne veut pas éclater pour que sa famille et ses fans puissent faire leur deuil et puissent trouver la réponse à la fameuse question qui continue à préoccuper les esprits, pour quand cette langue, avec son poids, son ancienneté ainsi que sa richesse mais dont la reconnaissance reste toujours partiellement réalisée?

Wahiba Arbouche Messaci/BéjaiaNews

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