4 octobre 2020

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Mettre en échec le simulacre de référendum du régime par Mohamed ARROUDJ

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Le simulacre de référendum qui s’annonce doit être l’occasion de battre le rappel des troupes pour une mobilisation à même de mettre en échec la stratégie du pouvoir.

Le régime de Bouteflika continue sans Bouteflika. En effet, nous assistons, chaque jour qui passe, à un retour à l’avant février 2019. Les mêmes politiques sont mises en œuvre, la même fuite en avant, les mêmes méthodes sont adoptées pour reconstituer la base du système bousculée par près d’une année et demi de mobilisation massive.

Le pouvoir est en passe de sauver un régime vomi. Comme il l’a planifié depuis la démission forcée de Bouteflika, Il s’emploie à dérouler la feuille de route mise en place par le défunt Gaid Salah. Une élection présidentielle surréaliste qui a intronisé un pantin, une marionnette entre les mains des généraux et des services, les véritables décideurs.

Aujourd’hui, se servant de la pandémie, il manifeste une arrogance inacceptable, arrêtant à tours de bras militants et activistes. Il ose même programmer un référendum pour adopter une constitution bidon qui ne mérite même pas que l’on s’y attarde, un certain 1 er novembre, un viol de la mémoire collective des Algériens. Une constitution élaborée par de pseudo-experts, sans véritable débat, loin du peuple, le premier concerné.

Le régime parle d’une Algérie nouvelle et les clientèles et la médias inféodés reprennent en chœur cette escroquerie qui n’a d’utilité que donner l’impression que le président agit et que la situation politique est maîtrisée.

En fait, que y a-t-il de nouveau dans la république Tebbounienne? Rien.

On recycle le personnel politique, on continue à arrêter les voix discordantes, on licencie des milliers de travailleurs qui revendiquent de meilleures conditions de travail et le droit de s’organiser. On pousse insidieusement vers la haine; la division; on se sert de la religion pour manipuler et tromper les Algériennes et les Algériens.

La misère gagne de plus en plus de citoyens, notamment les classes populaires et rien n’est fait pour soulager les millions de familles des conséquences de la crise sanitaire.

La pandémie est un prétexte pour accélérer le rythme et aller vers une société quasi carcérale. Le but, tuer le mouvement populaire, combattre tout forme de résistance et normaliser la société.

Le Hirak dans l’expectative

Dans cette situation exceptionnelle, le mouvement populaire quant est dans l’expectative. Pris en étau entre d’un côté un régime revanchard et têtu et de l’autre la pandémie, il peine à libérer ses détenus de plus en plus nombreux et surtout à réinvestir la rue.

Certes, il ya, ici et là, des tentatives timides et isolées pour manifester de nouveau, mais force est de constater que l’absence d’organisation et de coordination au sein du Hirak rend la prise de décision quasi impossible.

Entretemps, des luttes ouvrières ont émergé et de nombreux avocats entrent en résistance. Cela constitue le seul élément notable qui suscite un peu d’espoir dans cet interminable confinement. Sans oublier également la multiplication de débats, notamment sur les réseaux sociaux sur toutes les questions ayant trait au Hirak.

Pour le retour rapide des manifestations de masse éviter la mort du Hirak

Pour déjouer les coups mortels du pouvoir, nous n’avons que le Hirak pour nous défendre. Il nous faut, toutefois, sortir du folklore, des slogans creux et des allégeances à de pseudos leaders autoproclamés dont le confinement a montré l’inefficacité et les limites.

Nous sommes appelés à bâtir un projet alternatif capable de mobiliser les classes populaires pour une rupture radicale avec le système, sa politique à tous les niveaux (économique, social…), ses pratiques, ses hommes.

Pour ce faire, il nous faut nous organiser de façon autonome et démocratique sur nos lieux de travail, dans nos quartiers, nos villages, nos lycées, nos universités , etc.

Le simulacre de référendum qui s’annonce doit être l’occasion de battre le rappel des troupes pour une mobilisation à même de mettre en échec la stratégie du pouvoir.

Les animateurs du Hirak ont la responsabilité de créer ce climat qui va contribuer à une mobilisation forte et décisive.

Ce n’est que par une mobilisation consciente, des revendications précises et claires que l’on pourra remettre le processus révolutionnaire sur de bons rails, loin des populistes et des manipulateurs de tous bords pour qui le Hirak n’est qu’un moyen pour réaliser des objectifs personnels ou politiciens.

Il faut mener la compagne de boycott du référendum

Le référendum qui s’annonce peut sonner le glas du mouvement populaire. Nous devons en être conscients et préparer, dès à présent,une compagne agressive pour mettre en échec ce simulacre de consultation. Nous voulons une constitution qui émane de la volonté populaire, après un débat ouvert et libre, et rédigée par des représentants élus à cet effet. À travers cette manœuvre, le pouvoir veut montrer qu’il agit et qu’il maîtrise la situation, mais nous ne sommes pas dupes.

Notre seule réponse est le boycott actif.

Cet événement doit constituer un moment de mobilisation, d’organisation et de coordination pour préparer l’avenir.

– Pour une alternative populaire démocratique et sociale

– Pour l’auto-organisation du mouvement populaire

– Pour la lutte, car seule la lutte paye

Mohamed ARROUDJ

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