Accueil / Actualités / Nna Baya, l’autodidacte peintre
na baya

Nna Baya, l’autodidacte peintre

Na Baya Imarzouken, la grande dame âgée de 74 ans, qui a honoré, ce samedi 25 novembre, la maison de la culture Taoues Amrouche de Béjaïa, avec ses splendides toiles. Na Baya, cette femme que l’école n’avait pas formée, nourrie seulement d’une grande inspiration, dotée de cette fine création non seulement dans la peinture mais aussi dans tous les métiers manuels, où sont mêlés le don devin et l’amour de l’art et de l’inspiration puisée au fin fond de son âme artistique.

Cette peintre en sourdine, nous est venue de l’ancienne ville de Tizi Ouzou, autodidacte, née à l’époque où l’on exigeait de chaque fille l’obéissance à la règle ancestrale, dont la formation se faisait au domicile parental pour être livrée à la vie conjugale tout en sachant cuisiner, s’occuper de son foyer et éduquer ses enfants. Na Baya était de ce genre de femmes qui n’ont pas raté cette vocation, elle a su refouler ses inspirations, son don artistique pendant plus de 57 ans afin de se vouer à l’éducation de ces médecins, ingénieurs et autres de ces 12 enfants auxquels elle a donné naissance, et lesquels elle a placé un peu partout en Algérie et ailleurs. “ Je me suis donnée corps et âme à l’éducation et la formation de mes chers enfants tout au long de ma vie” avoue cette tendre maman. C’est en 2001 seulement qu’elle se met à se défouler de ce qu’elle avait porté dans son cœur toute sa vie et c’est l’année qui marque sa première toile. Avec ses peintures, notre artiste a su faire sa particularité, et a su poser son seau dans ce vaste domaine, selon l’un des artistes qui se trouvaient sur les lieux. Elle fait quotidiennement des merveilles en se permettant d’exprimer sa vision sur maints sujets réels ou irréels, elle dénonce les fléaux de la société, l’état lamentable de la femme algérienne, le devenir des humains, ses œuvres témoignent également de son attachement à la patrie et à ces hommes et femmes ayant sacrifié leurs vies pour que vive l’Algérie libre et indépendante ainsi que plein d’autres sujets touchant notre vécu de prêt ou de loin. Na Baya a plusieurs fois organisé des expositions de ses chefs-d’œuvre qu’elle refuse de vendre pour en faire un patrimoine pour sa descendance, dans sa ville natale, à Béjaïa et même en Suisse.

Wahiba Arbouche Messaci/BéjaiaNews