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Préparation de la saison estivale à Tichy : Des écueils à surmonter

Tichy PlageSur la plage d’El Maghra, dans la commune de Boukhelifa, un tracteur sans plaque d’immatriculation, chargé d’ordures, s’apprête à déverser des déchets ménagers. «Ce sont des particuliers ou les services de l’APC qui déversent les ordures sur la plage.

Et cela arrive durant toute l’année, à l’exception de la saison estivale. Des fois, ils incinèrent même les bêtes mortes là-bas, juste derrière cette dune de sable», dit le gardien «permanent» du parking de la plage.

A moins d’un kilomètre d’El Maghra, la commune de Tichy (10 km à l’est de Béjaïa) se prépare pour la saison estivale qui sera lancée dans moins d’un mois. Sur le bureau du président de l’APC, une pile d’imprimés de l’appel à un volontariat pour le nettoyage des plages est posée. En cette journée de grève nationale des corps communs des APC, le maire est dans son bureau. Il indique à l’un de ses collaborateurs, au téléphone, que la campagne d’abattage des chiens errants reprendra après la grève.

Tichy se met lentement aux couleurs de l’été. Chaque année, le rituel est le même pour garantir une saison estivale plaisante aux nombreux estivants attendus. Cependant, il arrive parfois que toutes les conditions ne soient pas réunies. L’an dernier, la fermeture de la décharge contrôlée, par les habitants de la cité Bensaïd et des villageois de Tizi Ikhlef qui ont revendiqué sa délocalisation, a plongé la ville dans l’insalubrité. Les odeurs nauséabondes et les fumées des poubelles qui brûlent disputent alors l’air à l’oxygène.

Les déchets attiraient rongeurs, chiens et chats errants et autres insectes nuisibles. Beaucoup de vacanciers ont été déçus. Le président de l’APC, Madjid Kadi, qui regrette cet épisode, estime que le problème de la décharge de Boutahar peut être réglé dans le cadre de l’intercommunalité. Selon lui, «un site a été localisé à Boukhelifa, dans l’optique d’installer une décharge intercommunale, mais il y a toujours des réticences parmi les populations des communes concernées. Sur ce dossier, l’APC de Tichy travaille en collaboration avec les communes limitrophes». Il insiste par ailleurs que «si les élus n’y arrivent pas, il va falloir solliciter l’intervention de l’administration de wilaya pour déclasser un terrain forestier». Toutefois, cet été encore, l’APC n’a pas le choix.

Elle devra, disent les élus, «fonctionner avec cette décharge après l’accord qu’elle a conclu avec les habitants de doter la décharge de moyens d’entretien, un engin et de renforcer l’équipe de gardiennage et d’assurer un ramassage régulier des ordures». Par ailleurs, l’alimentation de la ville en eau potable reste problématique, à cause des pannes récurrentes qui touchent le réseau d’AEP. «En dehors du périmètre urbain, les villages souffrent encore en été comme en hiver. En ville, c’est en été que le manque d’eau se ressent avec le recours au rationnement», témoigne un habitant.

Du côté de l’APC, on signale que les coupures durent assez longtemps à cause de l’intervention tardive et lente des services de l’ADE. Quant au volet assainissement des eaux usées, l’APC a proposé la construction d’un collecteur principal qui devait être installé à proximité de la cité Bensaïd, mais, austérité oblige, le programme a été gelé. Il est utile de signaler que l’unique station d’épuration dont dispose la ville ne fonctionne pas, d’autant plus qu’elle ne répond plus au besoin d’une population urbaine qui ne cesse de croître. Un autre point noir qui rend la vie des visiteurs intenable est le manque de voies de communication. La RN9 qui traverse Tichy est le seul axe qui supporte tout le trafic à destination ou en provenance de l’est. Cette route relie l’ex-capitale des Hammadites à Kherrata, en passant par Tichy et Souk El Tenine. Les automobilistes qui s’y aventurent en été passent plus de trois heures parfois pour traverser cette agglomération.

Et, l’unique projet d’évitement de la ville, un tronçon de route qui devait contourner la ville de Tichy par le sud, sur plus de 12 kilomètres, est suspendu également, selon le maire. Ainsi, une mesure de soulagement a été prise par le wali en signant un arrêté interdisant aux conducteurs de poids lourds de circuler avant 18h.

Au cours de la saison estivale, il n’est pas rare que des groupes de jeunes venant des quatre coins du pays se plaignent de mauvaises conditions d’accueil. Ces derniers finissent par préférer la plage et les trottoirs aux camps qui leur sont proposés. L’absence de structures de jeunes, de camps de toile où ils pourront être en sécurité les expose à des dangers. L’incident qui a secoué les camps de vacances à Souk El Tenine, l’an dernier, est édifiant. Une protestation contre les conditions de séjour avait tourné à la bagarre entre les jeunes estivants et des habitants. Les autorités n’avaient pas trouvé mieux que d’évacuer 1700 jeunes vers leur wilaya d’origine.  A ce propos, l’APC de Tichy a émis la proposition d’installer un camp de toile, mais le foncier fait défaut.

Mersel Mouloud, chargé de la communication de l’APC, dira à ce sujet que «l’emplacement des anciens campements ont été bâtis. Aujourd’hui, seuls les services de l’agriculture peuvent nous céder temporairement, à chaque saison, les terres à faible rendement qui se trouvent près des plages pour installer des équipements pour ces jeunes  avides de loisirs et de détente».

Nordine Douici

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