10 août 2016

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Saison estivale : Béjaïa livrée à l’anarchie

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Béjaïa veut redorer son blason. Elle se cherche et cherche les moyens d’y parvenir. On veut bien faire et surtout vite mais la précipitation engendre des erreurs.

Mais on choisit toujours le mauvais moment pour agir. Il est vrai qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser les oeufs mais il est vrai aussi que les omelettes ça n’a pas trop la cote pendant l’été. Il est vrai aussi qu’on ne peut pas améliorer la situation sans les bonnes décisions mais faut-il pour autant parvenir à les appliquer? Le paradoxe dans une ville où l’art et la manière de décevoir sont une réalité.

Pas besoin de l’écrire noir sur blanc. Tout est visible sur le terrain. «J’ai visité les principaux sites de la ville de Béjaïa en déboursant pas moins de 600 dinars rien que pour les parkings», se plaint ce touriste venu d’Alger. Une plainte qui vient rappeler aux décideurs que leurs décisions, criées sur tous les toits n’ont pas d’application sur le terrain. Les parkings ne sont pas gratuits à Béjaïa et sont plus chers que l’année dernière. Il ne suffit finalement pas de prendre des décisions mais de savoir surtout les appliquer. Ce touriste installé dans un hôtel de la ville de Béjaïa ne sait pas encore ce qui l’attend sur les plages. Les plages gratuites n’étaient qu’un rêve qui n’a que peu duré pour céder la place à une réalité, déjà en vigueur l’an dernier, rééditée encore une fois cette année avec cette absence de l’autorité de l’Etat qui se fait beaucoup sentir. Des individus s’autoproclament propriétaires d’un trottoir, d’une plage, imposent leurs prix aux automobilistes et aux baigneurs. Et gare à ceux qui refusent. Insultes, agressions physiques, renvoi, la liste des actes de ces parcmètres humains est impressionnante. Les rues et les plages sont devenues leur propriété personnelle qu’ils se partagent entre leurs semblables. Ce métier, qui n’existe qu’en Algérie, à l’abri des lois et de la justice, est une réalité partout. Plus on l’interdit plus il s’élargit, montrant davantage sa force devant les autorités qui hésitent à faire appliquer leur propre loi et leurs textes.

«Jamais la wilaya de Béjaïa n’a eu à lancer autant de chantiers à la fois», fait remarquer ce citoyen à la fois désabusé et enthousiaste. Des chantiers dont la plupart ont été inscrits depuis des années. Là aussi on veut tellement faire vite que tout tombe à l’eau. La pénétrante autoroutière, dont on a tellement parlé au point d’oublier le projet du CHU, le dédoublement de la voie ferrée, ne sera pas opérationnelle dans les délais requis. La partie annoncée pour réception inaugurale le 20 août à l’occasion de l’anniversaire du congrès de la Soummam ne sera pas prête. L’inauguration de la totalité du projet en novembre prochain demeure un simple effet d’annonce qui ne trouvera certainement pas de concrétisation dans le délai.

Dans la ville, le constat est là pour confirmer une drôle de situation qui colle à la peau de Béjaïa. Outre la collecte des ordures, qui nécessite encore réflexion sur une autre meilleure manière de la faire, les routes à peine bitumées sont de nouveau en chantier. Lorsque ce n’est pas le SDE qui passe, c’est Algérie télécom, l’Algérienne des eaux qui pointent pour réaliser leurs projets. Du coup, l’embellissement achevé dans certains quartiers est vite réduit à sa plus simple expression par autant de travaux en cours qui ne sont pas sans susciter de l’espoir quant au changement positif du cadre de vie mais aussi des déceptions quant à l’opportunité. L’absence de coordination entre les services communaux et les directions de la SDE, Algérie télécom et l’ADE, est si flagrant que la municipalité a eu à interpeller l’autorité de la wilaya pour agir à son tour sur les différents organismes qui interviennent sur la voie publique pour être à l’écoute de la collectivité et la prévenir suffisamment à temps pour toute intervention sur la chaussée. «Nous avons engagé des contacts avec ces différentes directions pour connaître leurs programmes d’action afin de retarder éventuellement nos interventions sur les voies publiques, mais à ce jour les différents organismes font la sourde oreille», fait remarquer un élu de l’APC de Béjaïa. Des paradoxes et encore des paradoxes dans une région qui a pourtant tous les moyens de réussir. Victime de politiques contre-productives et d’un silence assourdissant des élus et des partis politiques, Béjaïa baigne dans ses états peu envieux.

Arezki Slimani / L’expression

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