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Salon international du tourisme de Béjaïa : «Le rendez-vous du renouveau de la destination Algérie»

sit-bejaia-15_2614388Un nouveau Salon du tourisme est organisé à Béjaïa, depuis samedi dernier et ce pour une durée de trois jours, au niveau de l’espace d’exposition de l’ancien souk el fellah, appellé également la Grande Surface du Lac.

Cet événement intitulé «Le rendez-vous du renouveau de la destination Algérie» a été mis officiellement sous le patronage du ministre du Tourisme et du wali de Béjaïa. Les organisateurs, Broad Consulting et Pubbox, ont réuni plusieurs acteurs du secteur de tourisme, venus de différentes régions d’Algérie et de l’étranger.

Au niveau national, des opérateurs sont ainsi venus d’aussi loin que Timimoun, Tamanrasset, Tlemcen, Annaba, Ain Timouchent et Ghardaia. Pour le coup, cette rencontre est déjà une réussite, puisque plusieurs de ces opérateurs découvrent Béjaïa pour la première fois, et se disent ravis de s’y retrouver. Sur le plan international, il y a eu des opérateurs venus de France, de Tunisie, du Maroc, de la Turquie et de Malte. Pour la plupart d’entre eux, ce n’est pas que Béjaïa qui est une découverte, mais le tourisme algérien en général. Pour un certain nombre d’entre eux, seul le tourisme saharien était connu, ignorant le reste du territoire.

Pour Muriel Legal, d’Envie de Voyage, est venue de France, son déplacement répond au souci de trouver de nouveaux produits en Algérie, en développant un nouveau produit qu’elle a appelé «Envie d’Algérie», afin d’envisager d’étendre ses activités, jusque-là orientées sur le Maroc et la Tunisie. L’Office National du Tourisme Tunisien s’est déplacé en force pour faire connaître ses produits auprès du public algérien, et de faire des rencontres professionnelles à Béjaïa. Quant à notre Office National du Tourisme, il n’a été que très timidement présent, en tous cas, pour ce premier jour. De Béjaïa, il y a eu plusieurs exposants, essentiellement représentés par des associations et des hôtels. C’est ainsi que l’Association éco-touristique des Aiguades a exposé ses produits, avec un effort évident sur leur qualité. Cette association qui milite pour le développement touristique dans la région de Béjaïa a beaucoup investi dans la communication, en réalisant des dépliants, cartes et tableaux de toutes sortes. De l’autre côté, une autre association toute aussi connue dans le secteur, Ardh, a été présente en masse, avec ses jeunes respirant la vie et le dynamisme et prêts à faire la promotion touristique de la région.

D’autres associations ont également été présentes (Dima Voyages, Jil Voyage, Gouraya Tours, Mzab Tours, etc.), montrant tout l’intérêt qu’accorde la région de Béjaïa et l’ensemble du pays au tourisme. Du moins, du côté associatif. Car du côté institutionnel, il n’y a eu aucun représentant des autorités en ce premier jour. L’ouverture officielle a été assurée de façon informelle par l’ex-sénateur de Béjaïa, le professeur Salah Derradji. Son engagement pour le développement de l’image de cette région n’est un secret pour personne. Il a toujours milité pour la sortie de Béjaïa de l’anonymat dans lequel elle a été jetée. Salah Derradji, du temps où il exerçait son mandat, avait réussi à faire déplacer des ambassadeurs étrangers, pour leur faire découvrir la ville et la région de Béjaïa. Il a ainsi, entre autres, accueilli dernièrement les ambassadeurs d’Espagne et de Corée du Sud, et leur a fait visiter les principaux sites de Béjaïa. Il n’a pas tari de critiques à l’égard des autorités qui se sont montrées incapables d’assumer leur rôle, du moins à cette occasion.

Dans les différents schémas directeurs du développement touristique en Algérie, Béjaïa a été déclarée pôle d’excellence, sur lequel le gouvernement avait annoncé vouloir faire un effort particulier. Dans les années soixante-dix, ces pôles étaient centrés sur Tamanrasset, Boussaâda, Tipasa, les Andalouses et Serraidi, entre autres. Depuis la découverte des sites féériques de Béjaïa, la région a été propulsée comme secteur touristique de grande valeur, en plus de ses potentialités économiques et agricoles. Différents types de tourisme peuvent être développés à Béjaïa, allant du balnéaire, au tourisme de montagne, au culturel, à l’environnemental, etc. Le climat naturel, accompagné des conditions sociales et culturelles, la qualité de l’accueil des étrangers par la population, fait de cette terre un pôle exceptionnel pour le développement touristique.

Pour la première journée de ce Salon, l’absence des autorités a été remarquée, jetant une sensation de trouble sur cet événement. D’ailleurs et en dernière minute, plusieurs exposants se sont décommandés. S’agit-il des agents qui ne se déplacent que si les autorités sont présentes ? Il existe, en effet, dans tous les domaines, des acteurs parasites qui, oubliant leurs missions de service public, ne sont là que pour se faire voir des responsables auxquels ils sont inféodés. C’est ainsi que l’absence des officiels a été lourdement ressentie en ce premier jour de ce Salon de dimension internationale, que les représentants de l’État ont décidé de ne pas honorer. On se demande, d’ailleurs, pourquoi ledit Salon a été mis sous le patronage d’autorités qui ne semblent lui accorder aucune importance.

Ni la wali, ni le chef de daïra, ni encore moins le directeur du tourisme de la wilaya, premier responsable local du secteur, n’ont daigné être présents. Que faudrait-il dire du président de l’APC et des autres élus, qui n’ont pas jugé utile de représenter leur ville, alors qu’ils ont été mandatés par la population pour le faire ? Il est vrai que les présents ont tous compris et rappelé qu’il serait illusoire de compter sur les représentants de l’État qui ne se montrent pas à la hauteur des attentes. Tous ont rappelé la nécessité d’envisager le développement touristique, en ne comptant que sur soi-même. D’où la nécessité de coordonner les efforts consentis par les uns et les autres, pour aboutir à l’instauration d’un climat favorable au développement du secteur. Dans l’après-midi, un séminaire regroupant l’ensemble de ces opérateurs a été organisé à l’hôtel Chréa, pour examiner les conditions réelles du développement touristique en Algérie.

Signalons, toutefois, la présence d’une magnifique troupe musicale venue de Timimoun. Elle s’appelle Al Yakouta et s’est distinguée par l’exécution de morceaux de musique du terroir, alliant le Gnaoui, le Karkabou et les sonorités africaines, dans un rythme dynamique qui en a fait danser plus d’un. Al Yakouta a exécuté une magnifique prestation, en allant du centre d’exposition vers l’hôtel Chréa, en chantant et dansant dans la rue, pour le bon plaisir des passants qui n’ont pas manqué de dégainer leurs téléphones et caméras pour immortaliser cet instant. Les chants et danses ont constitué jusqu’à l’intérieur même de l’hôtel, surprenant agréablement l’ensemble des clients, habitués plutôt au calme et au silence. Cette dimension de la culture nationale est pratiquement inconnue dans la région, alors qu’elle fait partie du patrimoine de toute la nation. Ce sera certainement une des grandes réussites de ce salon, que d’avoir réussi à déplacer cette troupe pour la sortir de l’anonymat et partager leur art avec les gens de Béjaïa et ses visiteurs.

N Si Yani

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