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Sidi-Aich : Kamel Daoud, l’invité de la Soummam la veille de Yennayer

Fils de Mostaganem,  fier de son algériannité et fidèle à son pays tel qu’il prend tâche de le rappeler à chaque fois que certains veulent semer le  doute là-dessus.

Né le 17 Juin 1970 à Mesra, d’une mère issue d’une famille terrienne aisée, et d’un père gendarme, il est l’aîné d’une fratrie de six enfants, et le seul parmi eux à terminer ses études..

Après avoir étudié les mathématiques, il s’oriente à l’université vers un cursus tout à fait différent : la littérature.

En 1994 il commence à travailler pour « Le Quotidien d’Oran » ; il n’y publie sa première chronique qu’en 1997, intitulée « Raïna Raïkoum » (Notre opinion, votre opinion). Ensuite, il est rédacteur – chef pendant huit ans.

Entre chroniques, nouvelles, récits et romans, Kamel Daoud est auteur de nombreux  ouvrages de renom, qui provoquent dès le lendemain de leur apparition une polémique.
Il publie pour la première fois avec « Dar El Gharb » le recueil de ses chroniques publiées dans le Quotidien d’Oran, « Raïna Raïkoum » ;

C’est chez le même éditeur, qu’il publie, en 2003, son  récit « La Fable du nain » chez le même éditeur ,5 ans après, en 2008  chez Barzakh, « L’Arabe et le Vaste Pays de Ô… » : un recueil de nouvelles avec lesquelles il décroche le prix de Mohammed Dib. La  même année chez le même éditeur un autre recueil de nouvelles, « La Préface du Nègre »

En 2011, « la préface du nègre » réapparait en France sous le titre « Minotaure » chez les éditions Sabine Wespieser à Paris. Sélectionné pour le Prix Goncourt de la nouvelle.

« Meursault » son premier roman qui remonte à 2013, chez le même éditeur Barzakh, inspiré et  contre enquête de « L’étranger » d’Albert Camus.

Le même roman réapparait une année plus tard (en 2014) chez les éditions Actes Sud. Le roman emporte nombreux prix : Prix François-Mauriac de la région Aquitaine 2014, Prix des cinq continents de la Francophonie 2014, Prix Goncourt du premier roman 2015 (alors qu’il en était finaliste en 2014).

En 2017 il publie une autre série de chroniques « Mes indépendances – Chroniques 2010-2016 », Éditions Barzakh et Actes Sud, ainsi que  son deuxième roman, « Zabor ou Les psaumes », apparu chez éditions Barzakh et Actes Sud. Le roman emporta le prix Méditerranée en 2018  la même année  ,chez les éditions Stock, il fait apparaître son troisième roman « Le peintre dévorant la femme ».

Connu par ses  chroniques dans différents médias, éditorialiste dans le journal électronique « Algérie-focus ».

Dans sa  lecture  on voit clairement l’influence de la littérature et de la langue française raffinée sur son style. Quand on lui demande pourquoi n’écrit-il pas en arabe il répond : « La langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue. »
« Kamel Daoud, homme de tout terrain « écrivain et journaliste de tout terrain » comme disait « Le Figaro », traite de toutes les composantes de l’Algérie d’aujourd’hui. De l’histoire à la politique, au social, cet écrivain touche à un peu de tout. Il s’engage surtout à, non seulement dévoiler, confronter cet air face aux vérités dissimulées sous le voile de la peur de sortir du conformisme, « d’oser dire tout haut ce que l’on pense tout bas, mais aussi à casser les tabous, à prendre par la main ceux qui n’osent pas ou qui manquent de repères pour affronter tant de tabous de la société, tant de contradictions qui forment, hélas ! son ossature !

Kamel Daoud écrit le présent pour le futur, pour un meilleur futur, un meilleur avenir pour nos enfants, mais aussi pour le passé, il redonne vie aux morts à travers ses lectures et ses écrits aussi, il réfléchit et il reprend le travail qu’ils n’ont pas pu –peut-être – achever, il répond aux questions auxquelles ils n’ont pas répondu, il reprend le relai entre les générations que le conflit lie. A ce propos, le journal « le Figaro » a écrit à la tête de l’entretien accordé par Daoud, qui tournait autour de ses chroniques « Mes indépendances », publié le 06/04/2017 : « l’écrivain évoque pêle-mêle les révolutions arabes, les viols du 31 décembre 2015 à Cologne, la montée en puissance de l’islamisme et les fantômes du passé colonial qui hantent l’Algérie comme la France. Homme libre et révolté, celui qui a consacré un roman au Meursault de L’Étranger trempe sa plume dans le même encrier qu’Albert Camus. ». Dans la même interview, on comprend que l’auteur a bien projeté la lumière sur la contradiction dans laquelle oscille encore le peuple entre, d’un côté, sa définition de l’indépendance, sa référence omniprésente à celle nationale et, d’un autre côté, la libération et la liberté individuelle.

 

A propos de son dernier livre : « Le peintre dévorant la femme – Ma nuit au musé »

Vendredi, le 11 Janvier 2019, Kamel Daoud sera l’invité de la ville de Sidi Aich, répondant à l’invitation de l’association « Café Littéraire « Lumières » de Sidi Aich », pour une présentation suivie d’une vente dédicace de son dernier roman « Le peintre dévorant la femme – Ma nuit au musé », tout fraîchement apparu chez les éditions Stock.

Dans son roman, l’auteur nous invite à passer une nuit dans le musée Picasso à Paris, dans la peau d’un « Arabe »…
Dans son extrait que l’auteur a publié sur son profil personnel Septembre dernier, nous lisons une définition de l’amour pleine de tristesse colérique, de désolation ressentie pour ce monde d’où l’on vient, un monde tout à fait ignorant de ce qu’est la vraie définition de l’amour, de la vie, bêtement piégé dans son mépris injuste vis-à-vis le corps de la femme qui n’est autre que symbole et source de la vie ; un piège qui lui coûte son auto-destruction et celle de toute une génération, toute une société construite sur le pilier du « fascisme ». Un monde où « les femmes n’ont pas droit à leur propre corps ».

Hayet  Medjebar/ BéjaiaNews