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Sites de Béjaia classés patrimoine mondial : Une fierté pour la ville

Sait-on qu’à Béjaïa il existe par décret ministériel un secteur sauvegardé dénommé « vieille ville », qui constitue un ensemble immobilier urbain homogène et qui présente un intérêt historique, architectural, artistique et traditionnel représentatif des époques historiques qu’a connues la région : antique, musulmane, moderne et contemporaine ? Voici quelques sites et monuments historiques classés au niveau national ou international.

Le fort du Gouraya

Après avoir été longtemps livré à son sort, le majestueux fort du Gouraya, avec l’ensemble des monuments qui s’y trouvent, a été officiellement classé patrimoine mondial par décret ministériel. C’est sur l’emplacement probable d’une tour hammadite, celle qui peut-être transmettait à d’autres sommets ces feux émis par le Mannar, que fut bâti le fort du Gouraya, d’un beau volume accentué par le fruit des murs, qui fut lui aussi plus tard remanié par les Turcs. Ce fort domine toute la région jusqu’au lointain Cap Sigli et la promenade pour y parvenir est fort belle.

Les tombeaux de Yemma Gouraya et Lalla Yamina

Faisant partie des 99 saints de Béjaïa, Lalla (Madame) ou Yemma (Mère) Gouraya domine tout le paysage, de son tombeau placé dans le fort même du Gouraya et, dit-on, dispose de sept sources. Non loin d’elle, Lalla Yamina (ou « Yemma ») a son mausolée sur les pentes Nord de la même montagne. La légende laisse entendre que ces deux pieuses femmes avaient, de leur vivant, une sorte de rivalité. Ainsi les personnes qui, de nos jours encore, les visitent, ne délaissent jamais l’une au profit de l’autre et se considèrent comme tenues de faire chaque fois double pèlerinage.

Les autres sites recensés et inscrits par la Direction de la Culture

Quatre autres sites, dans l’ancienne capitale des Hammadites, ont été recensés et inscrits par la Direction de la Culture de la wilaya de Béjaïa pour éventuellement bénéficier du même classement. Il s’agit du mausolée de Sidi Abdelkader, des grottes d’Afalou, de l’Aqueduc romain et de l’ensemble rural de Sedouk Oufella (Cheikh Ahedadh).

Le fort  Abd-El-Kader

Du Fort de la Mer, seuls les fondations et les souterrains, ainsi que les premiers soutènements sont encore Hammadites. Les Espagnols reconstruisirent entièrement ce bastion où se trouve aujourd’hui une mosquée très fréquentée. On l’appelle aujourd’hui Fort-Abd-El-Kader, du nom d’un pieux savant originaire de Syrie, Sidi Abd El Kader El Djilani, qui est enterré dans la mosquée du fort.

Fort Gouraya (Béjaïa)

Pour en revenir à la montée au Gouraya, il faut préciser que ce n’est pas une escalade. C’est un chemin en lacets, de pente douce, entre les dalles et sur le flanc taillé. On parvient sans grand effort jusqu’à la forteresse dont le volume est très beau, en quelque sorte « cadencé » avec ses murs de soutènement à fruits et la belle rampe d’escalier dallé qui mène à l’entrée. A l’intérieur, on voit les traces de constructions récentes de quelques décades, de faible qualité mais faciles à éliminer ; mais aussi, indéniablement, l’appareillage turc de briques pleines très longues, très plates, et de voûtes qui, pas plus que les fortifications, ne laissent aucun doute sur leur ancienneté.

Le fort, on l’a déjà vu, a des bases espagnoles du XVIe siècle. On comprend aisément l’intérêt de sa position stratégique et l’on peut croire que, jadis, une tour hammadite a dû exister là. C’est tout le pays que l’on domine, en effet, absolument la région entière. La ville, la baie, en totalité ; et l’on peut apercevoir, par beau temps, jusqu’au Cap Bou Garoun (Collo) distant de cent kilomètres vers l’est !

Kamel Bouslama / El Moudjahid