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Sixième anniversaire du décès du cinéaste Abderahmane Bouguermouh

Fils d’une mère analphabète, qui déclamait merveilleusement les poèmes et chants kabyles et d’un père instituteur de lécole français,Abderahmane Bouguermouh est venu au monde un certain 25 Février 1936, à Ouzellaguen dans la wilaya de Bejaia.

Dans les annees 40, Abderahmane BOUGUERMOUH, rejoint Sétif pour poursuivre sa scolarité et ses études secondaires , un passage marqué par l ‘horreur et les atrocités orchestrés par le colonialisme français contre la population , mais c’était aussi la période lui permettant  de faire connaissance avec  l’écrivain Mouloud Maameri .

Profitant de son séjour en France, ,Bouguermouh poursuivra une formation, à l’IDHEC (Institut des hautes des Études Cinématographiques), ponctuée par la réalisation de plusieurs émissions de variétés pour la télévision RTF, à Cognacq Jay, dans les  début des années 60.

En 1963, il retourne en Algérie et contribue au lancement du CNCA (Centre National Cinématographique Algérien), écarté une année après, suite à la présentation d’un texte de Malek Haddad, « Comme une âme », un moyen métrage en berbère , rejeté par le département de la culture, jugé subversif .

En 1964, il repart en France pour proposer le même film en français, rejeté aussi, lui coûtant même  un licenciement, la confiscation et la destruction des positifs et des négatifs du film qui n’a jamais été diffusé  .

Attaché à la question berbère, il réalise entre 1965 à 1968, des documentaires sur la question, aidé par les premiers piliers du combat berbère établis en France ,à l’image de Hannouz, Taous Amrouche, Mouloud Mammeri, Batouche Mouloud et Bessaoud Mohand Arab.

« Le réalisateur s’intéresse à un documentaire archéologique avant de tourner un autre moyen métrage « La grive », en 1967. Plusieurs fois primés, le film constitue selon les journalistes, l’une des premières anthologies cinématographique algérienne »

Vers  la fin des années 60, Abderahmane Bouguermouh tourne plusieurs courts métrages et contribue par la réalisation d’un épisode au film collectif L’Enfer à dix ans (1968).

En 1968, son film adapté  à l’oeuvre  de Mouloud  Mammeri  « La colline oubliée » a été rejeté par la commission de censure malgre la précision mentionnée dans sa lettre d’intention, que le film ne peut aucunement être réalisé qu’en kabyle. Il a fallu attendre 1989 pour bénéficier d’une autorisation et pouvoir,  enfin, réaliser son film ,achevé en 1996.

Son retour en Algerie a été forcément entamé avec Mohamed Lakhdar Hamina, comme assistant réalisateur, dans « Chronique des années de braises », en 1973 pour réaliser ensuite au profit de la télévision (la RTA), deux longs métrages : Les Oiseaux de l’été (1978) et Noir et blanc / Kahla wa beida (1980).

En 1987, il tourne son premier long métrage de 35mm Cri de pierre / Ourâkh al-hajar, ayant subi une attaque atroce en Algerie mais, honorablement primé et à plusieurs reprises à l’étranger,

Le 03 Février 2013 Abderrahmane Bouguermouh succombe des suites d’une longue maladie à l’hôpital d’Alger, laissant derrière lui un riche répertoire cinématographique.

Abdelwahab Moualek / BéjaiaNews