26 mai 2020

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Tahar DJAOUT, une étoile qui ne s’éteint pas

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« C’est à ce moment que le Dévot furieux me déposséda de ma peau et me jeta nu dans   les catalysmes nocturnes » (Poèmes 1971-1973. Tahar Djaout)

Tirer sur Tahar DJAOUT c’est priver  l’Algérie d’une grande figure littéraire, c’est assassiner l’âme poétique qu’il possédait.

Vingt-sept ans après son départ vers d’autres cieux, un certain 2 juin 1993, un mercredi printanier, qui se transforme en journée  triste et sombre, lorsque ses assassins l’ont vidé de son sang et ont sorti son âme  de son corps,  à coups de révolver, deux balles  dans la tête, ce qui lui a valu sa vie.

sa tendre jeunesse, d’à peine 39 belles années, a été écourtée et raccourcie.

DJAOUT est le premier journaliste assassiné, son seul tort, c’est  d’être journaliste au service de l’information, c’est d’ être intellectuel au service de l’éveil  , c’est d’avoir de nouvelles idées rompant avec l’ancienne réflexion, c’est d’être communiste et démocrate, c’est notamment d’être épris de la paix.

Les personnes avisées, n ’ont point  de place dans un pays où règne l’injustice et la tyrannie, ils deviennent redoutables pour leurs ennemis et constituent un danger pour le pouvoir. On dit qu’un homme averti en vaut deux !

La nouvelle de sa mort tombe tel un couperet, l’intellectuel universaliste l’écrivain, poète, journaliste et directeur de la rédaction de l’hebdomadaire « Ruptures  « n’existe plus !

C’était cette nouvelle qui cerculait et faisait le bonheur de quelques  uns mais le malheurs de beaucoup d’autres !

Même s’il  est éteint,  son œuvre reste et continue à rayonner  et illuminer le monde de  littérature , ses romans et ses poèmes  figurent  parmi les meilleures productions des hommes de lettres algériens… sa  carrière et son parcours ne meurent jamais

A rappeler que Tahar Djaout, écrivain algérien francophone,   né en janvier 1954 à oulkhou un village de Tizi-ouzou.

Il obtient une licence de mathématiques à l’université d’Alger, puis un DEA en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 2.

En 1975, il débute sa carrière de journaliste à l’hebdomadaire Actualités de l’émigration, puis il collabore à la rubrique culturelle du quotidien El Moudjahid qu’il quitte pour l’hebdomadaire Algérie-Actualités, dont il dirige la rubrique culturelle.

C’est en 1992, avec des amis journalistes, dont Arezki Metref et Abdelkrim Djaad, il fonde l’hebdomadaire indépendant  » Ruptures » .

Parallèlement à son métier de journaliste, Tahar Djaout mène une carrière littéraire, en premier lieu en tant que poète, c’est en 1972, à l’âge de dix-huit ans, qu’il publie son premier poème dans la revue bruxelloise, Le Journal des poètes.

De  nombreuses publications dans d’autres revues, entre autres Action poétique, Le Fou parle sont également apparues

Il est également l’auteur de plusieurs recueils de poésies : Solstice barbelé (1975), L’Arche à vau l’eau (1978), Insulaire et Cie (1980), L’Oiseau minéral (1982).

A partir de 1981, il se consacre également à la vie romanesque . Il  nous lègue une œuvre remarquable de lucidité et de sensibilité : L’Exproprié (1981), Les Chercheurs d’os (1984), L’Invention du désert (1987), Les Vigiles (1991), Le Dernier Été de la raison(publié à titre posthume en 1999).

Dans son œuvre romanesque, Tahar Djaout  peint un monde propre à lui, un monde de rêve, de générosité, de paix et de fraternité.

Ainsi était notre immortel  Djaout, le tuer c’est étouffer le savoir, la justice, la démocratie !

Le tuer c’ est cultiver   l’obscurantisme, le fanatisme et l’ignorance !

« Même s’ils  chassent  les étoiles, le ciel ne se vide pas » disait le défunt Matoub Lounes.

Wahiba Arbouche Messaci / BéjaiaNews

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