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Tibane : Tawrirt n Divan se prépare à ressusciter Mohand Ameziane Sail

A l’initiative de l’association Tadarthiw, une journée commémorative sera organisée le vendredi 14 Octobre 2016 en hommage à l’enfant natif de Tawrirt dans la commune de Tibane (Sail Mohand Ameziane), elle sera ouverte par l’inauguration d’une stèle au nom de Sail Mohand Ameziane dans son village natal à Tawrirt suivie d’ une table ronde, avec la présence des universitaires, syndicalistes et militants politiques et associatifs, dans l’après-midi de la journée du vendredi.

Cette journée commémorative sera clôturée par une réception à l’honneur de tous les invités au domicile de Sail Mohand Ameziane . Plusieurs noms ont donné l’accord pour prendre part à cette journée afin apporter leurs témoignages sur un militant nationaliste et réhabiliter son parcours de militant anticolonialisme. Selon le président de l’association Tadarthiw, Meziane Hadjab, organisatrice de cette manifestation, le syndicaliste et militant berbériste et ancien détenu des événements de 1980, Moh Sadek Akkrour sera présent pour apporter sa modeste contribution dans la réhabilitation de ce militant révolutionnaire et anarchiste, d’autres noms sont également attendus, à l’image de Saidani Djamil et Said Chemakh.

Qui est Sail Mohand Ameziane ?

14555772_529843960548585_2081798910_nMilitant anarchiste et indépendantiste, né le 14 Octobre 1894 au village de Tawrirth (Aït Ouaghlis). Après avoir fait ses études primaires en Algérie, il s’exile en France pour se retrouver interné pour insoumission puis désertion. A sa libération, il s’installe dans la région parisienne et adhère à l’Union Anarchiste. En 1923, il fonde avec Slimane Kiouane, le Comité de défense des indigènes algériens. A partir de 1924, il s’adonne à l’écriture pour dénoncer le colonialisme, le centenaire de la conquête de l’Algérie… Dans des publications anarchistes telles que Le libertaire, La voix libertaire … En 1932, il devient le gérant de l’éveil social et y publie plusieurs articles où il appelle les Algériens à s’organiser et à se révolter. Mais l’article antimilitariste lui valut des poursuites judiciaires à la fin de la même année. En 1934, il est arrêté pour possession d’armes prohibées.

A sa libération, il continue à militer à l’UA. Au début de la guerre d’Espagne, il s’engage dans le groupe international de la colonne Durruti crée par les anarchistes refusant de se fondre dans les brigades internationales qu’ils considèrent contrôlées par les communistes. Les premières lettres du front furent publiées dés octobre 1936 dans l’Espagne antifasciste. En novembre 1936, il fut blessé prés de Saragosse et rentra en France. En 1937, il participe à diverses manifestations : Contre l’interdiction du PPA, contre la répression des manifestants tunisiens et pour le soutien de la révolution espagnole. En 1938, il est arrêté et condamné pour provocation de militaire. Sous l’occupation, il est encore arrêté et interné dans le camp de Riom d’où il s’est échappé. Il se spécialisa jusqu’à la libération dans la fabrication de faux-papiers. Dés 1946, il reprend sa lutte anticolonialiste dans le libertaire et ce jusqu’à sa mort en avril 1953.

La plupart de ses textes sont regroupés sous le titre Appels aux travailleurs algériens et publiés par la Fédération Anarchiste en 1994. Les textes de M. Saïl sont d’une importance capitale du fait qu’ils démontrent la brillante prise de conscience du militant anarchiste et antifasciste non seulement de sa condition de colonisé devant lutter pour son indépendance. Pour lui, le combat politique pour une idéologie n’empêche pas le combat pour l’Algérianité ni la prise de conscience de l’identité berbère. Cela est d’ailleurs très clair dans son texte La mentalité kabyle (1951) où il décrit avec fierté les valeurs de ces Berbères.

La rédaction